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02/10/2016 09:30 EDT | Actualisé 03/10/2017 01:12 EDT

Hongrie: vers une victoire du non au référendum antiréfugiés, contrariée par l'abstention

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban se dirigeait dimanche vers un semi-échec dans son bras de fer contre l'Union européenne, son référendum contre l'accueil des réfugiés ne mobilisant assez pour parvenir au quorum requis.

Le taux de participation atteignait à peine 40% à 17h30 (15h30 GMT), alors que les bureaux de vote ouverts depuis 6h00 (04h00 GMT) ont fermé à 19h00 (17h00 GMT).

Le responsable du Bureau national des élections Andras Pulai a reconnu que la participation n'atteindrait sans doute pas la barre des 50% de votes exprimés nécessaire pour que le référendum ait force légale.

Anticipant depuis quelques jours une possible victoire contrariée par l'abstention, le conservateur Viktor Orban n'a cessé d'insister sur le fait que la priorité était le pourcentage atteint par le non.

Sur ce point, il ne devrait pas être déçu: les sondages donnent les opposants au plan européen de répartition des réfugiés largement vainqueurs.

- Appels au boycott -

Quelque 8,3 millions d'électeurs étaient appelés à répondre à la question: "Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois?"

"Je suis fier que nous soyons les premiers (en Europe) à répondre à cette question dans les urnes, même si nous sommes malheureusement les seuls", a déclaré M. Orban en votant à Budapest.

L'opposition et les ONG de défense des droits de l'homme ont appelé au boycott ou au vote nul.

A Budaörs, à 15 km de la capitale, Marci, un agriculteur de 40 ans, expliquait avoir refusé de prendre part au scrutin. "Je ne serai pas un pion sur l'échiquier d'Orban", a-t-il souligné, dénonçant une consultation "biaisée".

La majorité des électeurs ayant pris le chemin des isoloirs apparaissaient à l'inverse avoir opté pour le non, à l'instar de Zoltan, un avocat âgé de 38 ans, qui dit préférer "être prudent que surpris" en matière migratoire. Un couple de septuagénaires a confié avoir voté non "le coeur lourd", mais pour la "sécurité de (ses) enfants".

- 'Jeu dangereux' -

La Hongrie n'a proposé à ce jour aucune place d'accueil de réfugiés relocalisés et se considérera, si le non l'emporte, définitivement affranchie de toute obligation de contribuer à l'effort européen de répartition des migrants.

La Commission européenne souligne cependant que le scrutin n'aura aucun impact juridique sur les engagements adoptés, les Etats membres ayant "la responsabilité légale d'appliquer les décisions prises".

La Hongrie est censée accueillir au moins 1.294 migrants en vertu du plan européen de répartition de 160.000 demandeurs d'asile adopté il y a un an. Celui-ci est toutefois largement resté lettre morte, seuls quelques milliers de personnes ayant été "relocalisées".

Mais les responsables européens redoutent que le référendum hongrois ne porte un nouveau coup à une UE déjà malmenée par une succession de chocs, de la crise migratoire au Brexit.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a dénoncé dimanche un "jeu dangereux".

Dans une tribune publiée samedi et destinée à mobiliser le camp du non, M. Orban a estimé que les Hongrois avaient "le devoir" de l'aider à combattre les décisions de "l'élite à Bruxelles".

"Avec le référendum, nous pouvons envoyer un message à chaque Européen: leur dire que cela dépend de nous, les citoyens européens, de ramener l'UE à la raison (...) ou de la laisser se désintégrer", a-t-il souligné.

- Appels à la démission -

Une victoire du non, qu'aucun sondage ne met en doute, serait de nature à conforter politiquement Viktor Orban en Hongrie et à peaufiner son image de meneur du camp populiste anti-immigration en Europe.

Le dirigeant du parti d'extrême droite Jobbik, Gabor Vona, seul véritable rival du Fidesz de M. Orban en vue des législatives de 2018, a estimé dimanche que M. Orban devrait rendre son tablier si tel n'était pas le cas.

Viktor Orban continue de bénéficier d'une popularité au plus haut, portée par son discours décomplexé sur l'immigration qu'il compare à "un poison", et qui a mis en sourdine les critiques sur le reste de sa politique.

En 2015, 400.000 candidats à l'asile en Europe ont transité par la Hongrie, la plupart avant l'installation de clôtures barbelées le long des frontières serbe et croate.

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