POLITIQUE
01/10/2016 05:09 EDT | Actualisé 01/10/2016 05:09 EDT

Quelle cure de jeunesse pour le PQ?

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Alors que le Parti québécois s'apprête à couronner un nouveau chef, des militants de la génération Y croient qu'il faut dépoussiérer le parti pour y attirer davantage de jeunes. Voici comment ils s'y prendraient.

Un texte de Frank Desoer

Aller voir les jeunes

Un samedi après-midi à Carignan, près de Montréal, les quatre candidats à la direction du PQ sont invités à s'adresser à quelques centaines de membres entassés dans une salle surchauffée. Dans cette salle, le spectacle est assez saisissant : que des têtes blanches ou presque!

D'une réunion à l'autre, cette image-là est récurrente. À l'évidence, le Parti québécois est un parti vieillissant. La moyenne d'âge de ses militants dépasse 60 ans. Comme le démontre une étude récente des sociologues Valérie-Anne Mahéo et Éric Belanger, ce parti est principalement soutenu par des membres de la génération du baby-boom et des X, et il parvient très peu à attirer les Y, les 20 à 30 ans.

Cette situation inquiète grandement certains jeunes péquistes rencontrés au gré de différents événements partisans qui ont eu lieu ces deux dernières semaines dans la région métropolitaine de Montréal.

Léo Bureau-Blouin, 24 ans, ex-député de Laval-des-Rapides, estime que les difficultés à mobiliser les jeunes autour du projet souverainiste s'expliquent par un contexte aujourd'hui bien différent de l'époque de l'euphorie nationaliste des années 70.

«Depuis quelques décennies, le Québec a fait des pas de géant sur le plan linguistique et au chapitre de la place des francophones dans l'économie. C'est sûr que chez beaucoup de jeunes, on ressent beaucoup moins l'urgence du projet souverainiste.»

- Léo Bureau-Blouin

De son côté, Catherine Fournier, 24 ans, candidate désignée du PQ à l'élection partielle dans Marie-Victorin, juge que si les jeunes ne sont pas au rendez-vous, c'est qu'ils n'ont jamais vraiment été invités à y être.

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Catherine Fournier, candidate péquiste dans Marie-Victorin.

«Les jeunes de ma génération n'ont pas de position sur la question nationale, parce qu'on a grandi dans un contexte où cette question a été évacuée. Le seul débat dont on a entendu parler, c'est celui du référendum. Il est temps d'aller voir ces jeunes et de leur parler des vrais enjeux.»

- Catherine Fournier

Parler d'autre chose que de charte et de référendum

Certains jeunes militants déplorent que, dans la course à la direction du PQ, les candidats se soient souvent enferrés dans de « vieux débats » et qu'ils n'aient pas été en mesure de tirer les leçons des échecs passés.

Philippe-Simon Bellavance, 26 ans, militant dans Hochelaga-Maisonneuve, trouve que certains thèmes ont pris trop de place dans les échanges.

«Ce qui ressort, c'est toujours la mécanique référendaire ou le débat sur la charte. On est déconnectés quand on parle juste de ces enjeux-là. Il faut arrêter de s'attaquer les uns les autres là-dessus et plutôt travailler sur des enjeux concrets qui touchent les gens dans leur quotidien.»

- Philippe-Simon Bellavance

Rose St-Pierre, 23 ans, militante de la Montérégie, trouve dommage qu'il n'y ait pas eu de bilan à la suite de la défaite électorale de 2014. « On n'a pas eu vraiment le temps d'aller au fond des choses. Qu'est-ce qu'il faut changer? Quelle posture devrait-on avoir à l'avenir face aux électeurs? Doit-on tenter de les convaincre ou être davantage à l'écoute? »

Redéfinir le nationalisme moderne

Pour se rajeunir, le PQ devra adopter un discours et un argumentaire différents, plus en phase avec les réalités actuelles, selon Chloé Bell, 17 ans, présidente du comité péquiste du Cégep Lionel-Groulx.

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Chloé Bell, Gabriel Jarvis et Marc-Olivier Neveu, jeunes péquistes des Laurentides.

«Le débat identitaire, c'est important, mais il faut faire le lien avec ce qui nous touche, notamment l'environnement et l'économie mondiale.»

- Chloé Bell

Pour Léo Bureau-Blouin, il est nécessaire de redéfinir les termes du nationalisme moderne, souvent déchiré entre ses dimensions identitaire et civique. « Il faut rappeler aux jeunes que dans l'ensemble nord-américain, le Québec vit toujours une insécurité culturelle [...] En outre, pour qu'il ait vraiment un sens auprès des jeunes, le projet indépendantiste devra, à l'avenir, s'articuler davantage à un projet social », estime-t-il.

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