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30/09/2016 17:21 EDT | Actualisé 01/10/2017 01:12 EDT

Syrie: Kerry frustré que sa diplomatie n'ait pas été soutenue par une action militaire (média)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a exprimé sa frustration que ses initiatives diplomatiques pour mettre un terme au conflit syrien n'aient pas été soutenues par une action militaire des Etats-Unis, selon un enregistrement publié vendredi par le New York Times.

Dans cet enregistrement, réalisé la semaine dernière, M. Kerry se plaint auprès d'une organisation de civils syriens que son appel à agir militairement contre le régime de Bachar al-Assad n'ait pas été entendu.

"Je pense que vous faites allusion à trois ou quatre personnes au gouvernement qui ont tous défendu l'usage de la force, et j'ai perdu", déclare-t-il aux civils syriens. "J'ai défendu l'usage de la force (...) mais les choses ont évolué différemment".

Le porte-parole du département d'Etat John Kirby n'a pas démenti l'authenticité de l'enregistrement, réalisé à New York lors d'une rencontre dans une mission diplomatique en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

"Sans vouloir commenter cette discussion privée, le secrétaire Kerry a reconnu avoir eu la chance de rencontrer cette organisation de Syriens, d'entendre leurs inquiétudes et d'exprimer notre objectif continu de mettre un terme à cette guerre civile", a dit vendredi M. Kirby.

John Kerry avait poussé en privé le président Barack Obama à prendre des mesures plus fortes en Syrie, pour soutenir les initiatives diplomatiques internationales et pousser Assad vers la sortie afin de mettre fin à la sanglante guerre civile.

Mais le chef de la diplomatie américaine faisait toujours attention en public à présenter un front uni avec la Maison Blanche, surtout dans ses efforts avec Moscou pour contenir les forces syriennes et trouver un espace de dialogue politique.

En août 2013, après qu'Assad eut été accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre des civils, M. Kerry avait tenu un discours offensif qui semblait augurer de représailles militaires américaines. Mais Obama y avait finalement renoncé quelques heures plus tard.

M. Kerry fait référence à ce discours dans l'enregistrement mais fait porter au Congrès la responsabilité de refuser l'usage de la force contre Assad.

Les civils syriens, sympathisants de la rébellion contre Assad, ont de leur côté exprimé à M. Kerry leur frustration de voir que les actions américaines en Syrie visent à combattre le groupe Etat islamique et pas Assad ou ses alliés.

Le 9 septembre, John Kerry s'est mis d'accord avec Moscou, principal allié d'Assad, sur un cessez-le-feu entre le régime syrien et les rebelles, qui est entré en vigueur le 12 septembre avant de voler en éclat quelques jours plus tard.

La Russie et les Etats-Unis s'accusent depuis mutuellement d'être responsables de cet échec tandis que les raids aériens russes et syriens ont repris de plus belle sur la partie rebelle d'Alep depuis dix jours.

"Nous essayons de poursuivre la diplomatie, et je comprends que ce soit frustrant. Personne n'est plus frustré que nous", a déclaré M. Kerry aux civils syriens.

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