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29/09/2016 23:19 EDT | Actualisé 30/09/2017 01:12 EDT

Premiers cas identifiés de microcéphalies liées à Zika en Thaïlande (ministère Santé)

Le rôle joué par le virus Zika dans deux cas de bébés microcéphales a été confirmé vendredi en Thaïlande, qui pourrait être, selon l'Organisation mondiale de la Santé, le premier pays d'Asie du Sud-Est où s'est produit une contamination in utero.

"Deux des trois bébés sont microcéphales à cause du virus Zika", a annoncé Wicharn Pawan, du ministère de la Santé.

Mardi soir, la Thaïlande avait rendu publics les cas de trois bébés microcéphales, nés de mères atteintes du virus Zika et avait annoncé que les résultats des tests sur l'origine de cette malformation seraient connus vendredi.

L'OMS avait prévenu mercredi que si le rôle de Zika était confirmé dans ces cas de microcéphalie, "ce serait le premier en Asie du Sud-Est".

L'OMS, interrogée vendredi par l'AFP, n'était pas en mesure de commenter ce nouveau développement de l'affaire dans un premier temps.

Jusqu'ici, des cas présumés de foetus contaminés par Zika pendant la grossesse ont été révélés aux Philippines et en Malaisie voisine de la Thaïlande. Mais la responsabilité de Zika n'avait pas encore été établie.

Les autorités thaïlandaises suivent 36 femmes enceintes infectées par Zika. Sur huit ayant déjà accouché, trois ont donné naissance à des bébés atteints de microcéphalie, dont seuls deux sont imputables à Zika selon les tests révélés vendredi.

Un quatrième bébé thaïlandais, qui n'est pas encore né, semble souffrir lui aussi de microcéphalie, mais Zika n'est pas en cause dans ce cas selon le ministère de la Santé.

Le virus Zika est présent depuis des années en Asie du Sud-Est, y compris en Thaïlande.

Mais selon l'OMS, la médiatisation des récents cas de microcéphalies en Amérique du Sud a entraîné une surveillance plus étroite sur les autres continents, d'où le signalement de ces bébés atteints de microcéphalie en Thaïlande.

Le ministère de la Santé thaïlandais rappelle que chaque année, entre 200 et 300 enfants souffrant de microcéphalie naissent chaque année en Thaïlande, en lien jusqu'ici avec d'autres maladies, comme la rubéole ou la varicelle.

Le Zika se transmet par la piqûre du moustique Aedes aegypti mais aussi par voie sexuelle. Si une femme enceinte est infectée par le Zika, elle court un plus grand risque de donner naissance à un enfant avec une malformation du cerveau, connue sous le nom de microcéphalie.

Dans la revue médicale britannique The Lancet Infectious Diseases, des chercheurs recommandent de se préparer à une "épidémie globale" de microcéphalies dans les pays touchés par le virus Zika, dans une récente étude qui apporte des preuves supplémentaires de l'existence d'un lien entre ce virus et la microcéphalie du foetus.

ask-dth/rap