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30/09/2016 06:28 EDT | Actualisé 01/10/2017 01:12 EDT

Prague demande à Londres de faire cesser des "attaques haineuses" contre ses citoyens

Le Premier ministre tchèque a appelé son homologue britannique Theresa May à prendre des mesures destinées à arrêter les actes de violence "haineuses" à l'encontre des ressortissants de son pays, après la mort d'un jeune Tchèque à Londres, a annoncé vendredi son bureau.

Le dirigeant tchèque Bohuslav Sobotka s'est déclaré "perturbé par le nombre grandissant d'attaques haineuses en Grande-Bretagne visant les citoyens des Etats membres de l'UE", après le référendum sur le Brexit.

Le chef du gouvernement tchèque s'est entretenu par téléphone jeudi avec Mme May, après la mort, la semaine dernière, d'un jeune Tchèque de 31 ans, Zdenek Makar.

Selon les autorités tchèques, Zdenek Makar a été tué dans une bagarre devant un pub londonien. Un Britannique de 29 ans a été accusé de ce meurtre.

"Le gouvernement tchèque juge inacceptable de voir les Tchèques attaqués en raison de leur origine et traités comme des citoyens de seconde classe", a insisté M. Bohuslav Sobotka.

"Par conséquent, j'ai demandé à la Première ministre britannique (...) de me faire savoir quelles mesures son gouvernement adoptera pour faire cesser ces attaques haineuses", a-t-il dit.

Dans un communiqué, un porte-parole de Downing Street a déclaré que Mme May avait présenté à M. Sobotka ses condoléances pour la mort du jeune tchèque tué à Londres.

La Première ministre britannique a toutefois ajouté que cette affaire "n'était pas considérée comme un crime de haine", un phénomène que "le gouvernement britannique condamne avec la plus grande fermeté et qui n'ont pas leur place dans la société britannique", poursuit le communiqué de Downing street.

Le meurtre du ressortissant tchèque intervient après l'assassinat d'un Polonais en août à Harlow, ville ouvrière du sud-ouest de l'Angleterre. La police examine ce meurtre comme un possible crime raciste. Deux autres Polonais avaient été attaqués à Harlow en septembre.

La police britannique a déclaré en juillet que le nombre de crimes de haine a augmenté depuis la campagne pour le référendum du 23 juin lors duquel les électeurs britanniques ont choisi de quitter l'UE. Cette campagne a été marquée par un vif débat sur l'immigration.

La Pologne a récemment exhorté Londres à protéger ses ressortissants vivant en Grande-Bretagne. Environ 831.000 Polonais vivaient en 2015, alors que les autorités tchèques estiment le nombre de leurs citoyens travaillant en Grande-Bretagne à quelque 37.000.

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