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30/09/2016 08:32 EDT | Actualisé 01/10/2017 01:12 EDT

Le Brésil voué à la faillite sans réformes économiques (Temer)

Le président conservateur du Brésil, Michel Temer, a prévenu vendredi que le Brésil était voué à la faillite si le parlement n'approuvait pas la proposition d'amendement à la Constitution (PEC) qui doit fixer un plafond pour les dépenses publiques, lors d'un séminaire à Sao Paulo.

"L'approbation (de la PEC) est fondamentale pour éviter la spirale inflationniste et la récession. La dette pourra atteindre 100% du PIB en 2024 ou même avant. Ce sera la faillite de l'Etat brésilien", a alerté M. Temer, cité par l'Agence Brasil (publique).

M. Temer, qui a remplacé fin août la dirigeante de gauche Dilma Rousseff après sa destitution controversée pour maquillage des comptes publics, s'est dit convaincu que la PEC passerait au Parlement.

"Le Congrès est aujourd'hui plus conscient du fait qu'il doit collaborer avec l'exécutif pour que nous puissions sortir de la crise", a-t-il souligné.

M. Temer a estimé que la proposition contribuerait à relancer une croissance économique durable dans le pays et éviterait la hausse des impôts.

"Nous ne voulons pas augmenter la charge des impôts parce que, avouons-le, on a atteint la limite", a-il-déclaré.

D'après le président, qui a souligné vendredi ne pas craindre d'être "impopulaire", la PEC assurera des ressources pour les populations les plus vulnérables.

La proposition d'amendement à la Constitution, déjà transmise au Parlement, instaure un plafond dans les dépenses publiques pendant 20 ans : elles ne pourront pas augmenter plus que l'inflation annuelle même pour les secteurs de la santé et de l'éducation.

Devraient suivre la réforme des retraites et celle du droit du travail, deux thèmes très sensibles, avec la hausse prévue de l'âge du départ à la retraite (probablement de 5 ans) et l'augmentation du temps de travail légal.

M. Temer en a profité pour adresser des critiques à ses prédécesseurs : "le manque de rigueur dans les comptes publics ne se fait pas impunément : parmi ses victimes figurent l'emploi, la croissance, les poches du travailleur".

Selon le ministère de l'Economie, de 1991 à 2015, les dépenses primaires de l'Etat (avant le paiement des intérêts de la dette) sont passées de 10,8% à 19,5% du PIB.

En outre, celui-ci a reculé de 3,8% en 2015 et devrait chuter de 3% en 2016, tandis que la dette publique est passée de 52% du PIB en 2013 à plus de 70% en août.

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