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30/09/2016 07:32 EDT | Actualisé 01/10/2017 01:12 EDT

La faiblesse de Deutsche Bank inquiète sur l'ensemble du secteur bancaire européen

Le géant allemand de la banque Deutsche Bank a donné vendredi des sueurs froides aux marchés et à l'ensemble du secteur bancaire européen, la dégringolade de son action dans la matinée confortant les craintes sur sa grande fragilité.

Le titre de Deutsche Bank a lâché près de 8% en début de séance à la Bourse de Francfort, avant de se reprendre dans l'après-midi avec un repli limité à 0,36% vers 13H45 GMT.

Malgré ce timide redressement, la banque allemande a vu son action fondre de plus de 40% son prix depuis le début de l'année et les séances des derniers jours ont été particulièrement difficiles.

En cause d'abord, la menace d'une amende record de 14 milliards de dollars aux Etats-Unis, réclamée par la justice américaine pour mettre un terme à un litige remontant à la crise des "subprimes".

La perspective d'une telle charge financière sur l'établissement, déjà en lutte avec une rentabilité en berne et une très longue liste d'autres litiges judiciaires, a enclenché un tourbillon de rumeurs, faisant fuir davantage les investisseurs.

Mercredi, le ministère allemand des Finances a dû fermement démentir la préparation d'un plan public de sauvetage. Mais vendredi nouveau coup dur: plusieurs fonds d'investissement ont choisi de retirer leur argent de Deutsche Bank.

Celle-ci s'est empressée d'indiquer que de tels mouvements étaient habituels et qu'elle avait enregistré en parallèle des entrées de la part d'autres gros investisseurs. Et dans une lettre aux salariés diffusé vendredi, son patron John Cryan a fustigé "certaines forces sur le marché, qui veulent miner la confiance en nous".

- Volcan en éruption -

"Les multiples tentatives pour calmer la situation tant du gouvernement, des autorités financières que de Deutsche Bank elle-même ont presque l'effet inverse chez les investisseurs", a noté Clemens Bundschuh, analyste de la banque LBBW.

Les inquiétudes autour de Deutsche Bank ont contaminé l'ensemble du secteur bancaire européen, observé par les marchés avec angoisse depuis la violente crise financière de 2008-2009.

La compatriote de Deutsche Bank, Commerzbank, en a fait les frais et son action chutait en milieu d'après-midi de 3,72%. La deuxième banque allemande a annoncé jeudi un vaste plan de restructuration, avec quelque 9.600 postes supprimés et pas de dividende jusqu'à nouvel ordre.

Dans la foulée de Deutsche Bank, les autres valeurs bancaires européennes ont réduit un peu leurs pertes de début de journée, alors qu'en matinée elles perdaient souvent plus de 3%.

"Le secteur financier étant la branche la plus sensible et la plus fragile, les incertitudes peuvent vite avoir des effets secondaires non voulus", explique Robert Halver, analyste de la banque Baader.

"Le battement d'aile d'un papillon peut provoquer l'éruption d'un volcan", ajoute-t-il.

"Deutsche Bank est la quatrième banque la plus systémique au monde. Quand on commence à avoir des inquiétudes sur un établissement de cette envergure, il est normal que tout le monde soit touché", a expliqué à l'AFP Jérôme Legras, directeur de la recherche au sein de la société de gestion Axiom AI.

bur-maj/ilp/phv

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