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30/09/2016 01:27 EDT | Actualisé 01/10/2017 01:12 EDT

Du Dinamo au Hajduk, les souvenirs de Deveric le transfuge

C'est en 1984 que l'ex-attaquant international yougoslave Stjepan Deveric réalise l'impensable: passer de son club de toujours, le Dinamo Zagreb, à l'éternel grand rival, le Hajduk Split.

Aujourd'hui âgé de 55 ans, il est un des rares à avoir obtenu des titres avec les deux clubs croates majeurs: un championnat et deux Coupes de Yougoslavie avec le Dinamo, une Coupe avec le Hajduk.

Mais avant de leur offrir ce trophée, Deveric a fait pleurer les supporteurs du club dalmate, en mai 1982. Sur la route d'un titre de champion de Yougoslavie qui lui échappe depuis 1958, le Dinamo se déplace sur le terrain du Hajduk des frères Vujovic.

"Le stade était plein à craquer, 55.000 supporters", se souvient l'attaquant, né à quelques encablures du stade Maksimir, dans la banlieue de Zagreb. Dominateur, le Dinamo mène déjà 1 à 0 quand Deveric récupère le ballon à l'entrée de la surface, réussit une roulette au milieu de trois défenseurs blancs pour marquer d'une frappe croisée du droit.

Le club de la capitale l'emportera 2 à 1 et finira la saison avec cinq points d'avance sur son grand rival et sur l'Etoile Rouge de Belgrade. "Ce sont de loin mon match et mon but préférés", confie-t-il à l'AFP.

Deux ans plus tard, alors que "le Dinamo traverse une crise", Deveric n'est "pas très heureux" dans son club. Il reçoit alors une offre de Hajduk. "A l'époque, à la différence d'aujourd'hui, le Hajduk pouvait rivaliser financièrement avec le Dinamo..."

Deveric se fait vite à la vie méridionale de Split, où il rencontre celle qui va devenir son épouse. Mais le retour dans son stade de Maksimir est compliqué. C'est "une sensation très étrange" que celle de fouler la pelouse du stade Maksimir "dans un maillot qui n'est pas bleu". "C'était le stade où j'ai grandi", "Pour la première fois, je rentrais dans les vestiaires réservés au club visiteur." Copieusement hué par les supporters du Dinamo, il égalise néanmoins (1-1).

Dans les années 1980, le derby croate était déjà bouillant, poursuit l'attaquant. "Des voitures immatriculées à Zagreb terminaient dans la mer à Split, des fans de Split finissaient la tête en sang à Zagreb". Mais, selon lui, rien de comparable avec l'époque suivant l'indépendance de la Croatie en 1991, lorsque cette rivalité s'est muée en haine nue.

Avant de finir sa carrière en Autriche, Deveric est toutefois repassé par son club de formation: "Je suis revenu au Dinamo, pas parce que cela se passait mal à Split, mais parce que mon coeur m'a dicté d'y revenir", conclut Deveric

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