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30/09/2016 06:14 EDT | Actualisé 01/10/2017 01:12 EDT

Des entreprises canadiennes veulent leur part du marché mondial des terres rares

Québec, ainsi que plusieurs autres provinces canadiennes, souhaitent devenir des acteurs importants dans l'exploitation des minéraux de terres rares. Il s'agit de 17 minéraux qui sont essentiels aux nouvelles technologies, aux télécommunications et à l'énergie verte. Actuellement, la Chine contrôle 90 % du marché mondial.

Un texte de Elisa Serret

Les terres rares, vous les trouvez partout, dans vos écrans de téléphone intelligent, dans vos écrans de télévision plasma. Ils sont nécessaires dans l'industrie militaire et essentiels à la production d'énergie verte.

Un monopole inquiétant

Si le Canada, comme une trentaine d'autres pays, veulent devenir des acteurs importants dans l'exploitation des terres rares, c'est en partie pour contrer la mainmise de la Chine sur ces minéraux. Car la superpuissance asiatique détient 90 % du marché mondial et elle a déjà utilisé son monopole comme stratégie géopolitique.

Selon Georges Beaudoin, professeur de géologie de l'Université Laval, les industriels ne peuvent pas dépendre de ce monopole, car la demande pour les terres rares augmente de 5 % à 10 % par année.

En vendant ses produits à bas prix, la Chine a déjà fait fermer des mines aux États-Unis et en Australie.

Essentiels pour un virage vert

Ces minéraux servent entre autres à construire des aimants permanents, utilisés pour la construction des éoliennes. Les 17 minéraux servent aussi à construire des batteries pour les voitures électriques et des turbines. Pour le Canada, qui veut réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre, ces minéraux sont capitaux.

Les défis

L'exploitation de terres rares vient avec son lot de défis. Elles sont contenues dans différents minéraux selon l'emplacement. Les procédés de traitement doivent être adaptés pour chaque gisement. La technologie nécessaire varie donc d'un site à l'autre.

L'environnement est coeur des préoccupations. Il y a une faible présence d'uranium dans les terres rares. Il faut donc gérer les résidus présents dans les minerais.

Viennent avec l'exploitation les coûts élevés et comme les autres minéraux, leurs prix fluctuent fortement. Pour que le produit soit plus rentable et moins dépendant es fluctuations boursière, les entreprises doivent investir dans des usines hydro-métallurgiques pour procéder au raffinement des minéraux.

Le potentiel du Canada

Les gisements de terres rares sont nombreux au Canada. On en retrouve entre autres en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Québec et au Labrador. Le sous-sol contiendrait de terres rares lourdes. Or, ce type  terre est peu abondant sur la planète et les risques de se retrouver face à des problèmes d'approvisionnement sont grands.

La courses au terres rares se fait à travers le monde. L'Australie, l'Union européenne, la Malaisie, la Russie et la Thaïlande en produisaient en 2015. Ces minéraux sont peu substituables. Lorsqu'ils le sont, les minéraux de remplacement sont généralement moins performants.

Denys Laplante, du ministère des Ressources naturelles du Québec, souhaite que la province produise des terres rares pour aider les industriels et permettre à la province un virage vert plus efficacement.

Du potentiel au Québec

Il y a actuellement trois mines qui pourraient ouvrir d'ici cinq ans au Québec.

La société canadienne Minéraux Rare Quest, est une des entreprises qui souhaite se lancer dans l'aventure. Leur projet de mine pourrait ouvrir d'ici 2020.

Leur site d'exploitation est à la frontière du Québec et du Labrador près du lac Brisson au Québec.Les deux gouvernements devront étudier le projet. Le projet nécessite la construction d'une route de plus de 165 km au Labrador pour acheminer les minéraux vers un port au Labrador.

Minéraux Rare Quest prévoit construire à Bécancour une usine consacrée à la fabrication de mélange d'éléments de terres rares et au recyclage des terres rares.

L'ensemble des activités de l'entreprise pourrait créer plus de 650 emplois.