NOUVELLES
29/09/2016 20:45 EDT | Actualisé 30/09/2017 01:12 EDT

Colombie: référendum dimanche sur la paix avec la guérilla des Farc

Les Colombiens se prononcent dimanche sur la paix signée avec la guérilla des Farc pour mettre fin à plus d'un demi-siècle d'un conflit meurtrier, référendum dont le résultat conditionne l'entrée en vigueur de l'accord signé le 26 septembre.

"Nous allons utiliser le pouvoir du vote. #SiALaPaz (Oui à la paix) pour qu'une nouvelle aube se lève en Colombie. Un pays tranquille où nos enfants grandissent sans peur", a tweeté mercredi le président Juan Manuel Santos, qui a fait de la fin du conflit une priorité depuis son accession au pouvoir en 2010.

Ce référendum, non obligatoire, a été voulu par M. Santos afin de donner, a-t-il argué à maintes reprises, la "plus large légitimité" possible à l'accord qu'il a signé lundi avec le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko.

Les électeurs vont devoir répondre par "Oui" ou par "Non" à la question: "Soutenez-vous l'accord final d'achèvement du conflit et de construction d'une paix stable et durable?", titre du document de 297 pages, mis au point tout au long de pourparlers ardus entamés en novembre 2012, délocalisés à Cuba.

Si la paix est votée, les Farc, issues en 1964 d'une insurrection paysanne et qui comptent encore 5.765 combattants selon les derniers chiffres officiels, déposeront les armes et se démobiliseront, sous supervision de l'ONU, pour se convertir en organisation politique légale.

- Le 'Oui' en tête des sondages -

Pour l'emporter, le "Oui" doit recueillir au moins 4,4 millions de voix (13% de l'électorat) et le "Non" un score plus faible, selon une décision de la Cour constitutionnelle qui a avalisé en juillet ce mécanisme d'approbation.

Les derniers sondages autorisés avant la consultation de dimanche, et réalisés dans la semaine précédant la signature de l'accord, donnent un large avantage au "Oui".

Selon une enquête de l'institut Datexco, publiée mardi par le quotidien El Tiempo et W Radio, 55% des personnes interrogées se disent prêtent à voter pour l'accord et 36,6% se déclarent en faveur du "Non", 4,7% sont indécises et 3,7% ne se prononcent pas.

Un autre sondage de l'institut Ipsos Napoleon Franco, publié également mardi par la radio RCN et l'hebdomadaire Semana, donne 66% pour le "Oui" et 34% en faveur du "Non".

Ces deux dernières enquêtes montrent par ailleurs une hausse de la participation attendue avec 56% des personnes interrogées assurant qu'elle iront voter, contre 53% début septembre selon Ipsos, 67,1% contre 58,1% mi-septembre selon Datexco.

- Ultime estocade à l'opposition -

"Le référendum n'était pas nécessaire. La seconde élection de Santos (en 2014) était déjà un plébiscite pour la paix", a précisé l'AFP Ariel Avila. Selon cet analyste de la fondation Paix et Réconciliation, le chef de l'Etat centriste y a aussi recours pour "donner la dernière estocade à l'uribisme", courant de l'ex-président de droite et actuel sénateur Alvaro Uribe (2002-2010).

Le prédécesseur de M. Santos et patron du parti Centre démocratique mène une féroce campagne pour le "Non". Il a même intégré une chaîne humaine contre l'accord de paix, le jour même de sa signature à Carthagène des Indes (nord).

Les opposants dénoncent un "laxisme" des sanctions prévues contre les auteurs des crimes les plus graves - qui seront jugés par un tribunal spécial à condition de dire toute la vérité sur les faits - et la participation des guérilleros démobilisés à la vie politique.

Mais le chef de l'Etat a catégoriquement écarté toute éventualité de renégociation avec les Farc, affirmant début septembre lors d'un entretien à l'AFP qu'en cas de victoire du "Non", les guérilleros "retournent dans la jungle".

La campagne pour le "Oui" a donné lieu à de multiples initiatives, le chef des négociateurs avec les Farc, Humberto de La Calle, sillonnant même tout le pays depuis son retour de Cuba pour expliquer le contenu de l'accord visant, déclarait-il lundi à l'AFP, à "ne plus nous entretuer pour des idées".

fpp/ka/mf

IPSOS