POLITIQUE
29/09/2016 09:35 EDT | Actualisé 29/09/2016 09:36 EDT

Libération d'Homa Hoodfar : de l'espoir pour le Saoudien Raif Badawi?

Radio-Canada.ca

La libération de la professeure à la retraite canado-iranienne Homa Hoodfar a été célébrée par Aministie Internationale, mais les espoirs de voir le même dénouement survenir dans le dossier du blogueur saoudien Raif Badawi restent minces.

« On est complètement dans un autre registre », estime le professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, Serge Granger. Selon lui, il faut dissocier les deux libérations survenues récemment -, celle d'Homa Hoodfar par l'Iran et celle de Kevin Garratt par la Chine - du cas de Raif Badawi, détenu en Arabie saoudite depuis 2012.

« On n'a pas besoin de réchauffer nos relations diplomatiques [avec Riyad], on n'a pas besoin d'entamer un dialogue. La preuve est qu'on a déjà vendu pour des milliards de quincaillerie militaire à l'Arabie saoudite et ça fait son affaire. Alors pourquoi devrait-elle nous faire un cadeau? », questionne-t-il.

Il souligne que l'arrivée de Justin Trudeau à Ottawa a également joué en la faveur de la libération de Mme Hoodfar et de M. Garratt.

La Chine préfère selon la lui la façon de faire du nouveau premier ministre, qui exerce une diplomatie plus polie, plus discrète et moins confrontante sous l'oeil du public que celle exercée sous l'ère Harper.

« Il y avait un gain pour la Chine et l'Iran de le faire. Il y avait un gain aussi pour le Canada. On aura des relations plus cordiales avec la Chine, on va avoir renoué les relations avec l'Iran, mais l'Arabie saoudite, ça ne changera pas grand chose »,

Il note par ailleurs que le rapprochement possible du Canada avec l'Iran risque de déplaire à l'Arabie saoudite, deux pays en conflit.

Question de citoyenneté

La conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, installée à Sherbrooke avec leurs enfants, espère tout de même que les hautes sphères diplomatiques agissent auprès du gouvernement saoudien comme ce fut le cas en Chine et en Iran.

Selon Aministie Internationale, l'organisme se but cependant toujours à la même réponse dans ce dossier : Raif Badawi n'est pas citoyen canadien, ce qui limite les actions diplomatiques.

Pour Mme Haidar, ce ne devrait toutefois pas être une excuse.

« J'espère que M. Trudeau, quand il aide les citoyens canadiens, qu'il aide ceux qui ne sont pas canadiens, mais dont la famille est ici. Comme Raif. Il est en Arabie saoudite, mais sa femme, ses enfants, ils sont ici », plaide-t-elle.

Raif Badawi a été emprisonné en 2012. Il a été condamné à dix ans de prison et mille coups de fouet pour des propos tenus sur son blogue.

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