POLITIQUE
29/09/2016 07:02 EDT | Actualisé 29/09/2016 07:04 EDT

Chefferie du Parti conservateur du Canada : les députés québécois se font désirer

OTTAWA – Les députés conservateurs du Québec attendent de voir l’ensemble des candidatures de leurs collègues avant de choisir qui ils appuieront dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Jusqu’à maintenant, le député de Beauce Maxime Bernier est le seul Québécois dans la course. Son collègue de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Steven Blaney, songe quant à lui à se lancer dans la course. Il a récemment quitté son rôle de porte-parole pour entreprendre une « nouvelle étape » dans sa réflexion.

Maxime Bernier, seul Québécois de la course en ce moment. (Photo : PC)

Gérard Deltell, vu comme une étoile montante du parti, maintient qu’il ne se lancera pas, même s’il détient toutes les qualités nécessaires pour rassembler l’ensemble de son caucus. Mais il s’est fait conseiller d’attendre son tour, selon une source sûre.

Le député de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, se réjouit de voir autant de candidats, de toutes les régions du pays, se précipiter dans la course. En entrevue, il se dit d’ailleurs favorable à « deux ou plusieurs candidats du Québec ».

« C’est sûr que j’aimerais bien avoir un Canadien français diriger le Parti conservateur et être le futur premier ministre du Canada. Je dois quand même préciser que ce n’est pas [le seul critère]. Mais c’est sûr que j’aimerais voir un homme – ou une femme, bien entendu – de l’est du pays diriger le parti », dit-il.

« Ce qui est intéressant, au Parti conservateur, c’est qu’il y a beaucoup d’intérêt comparativement à d’autres partis », mentionne pour sa part Joël Godin, député de Portneuf-Jacques-Cartier. Il faisait référence au Nouveau parti démocratique, qui n’a aucun candidat déclaré jusqu’à présent pour succéder à Thomas Mulcair.

Des débats d’idées à prévoir

Le ton a monté, dans les derniers jours, entre les aspirants-chefs du Parti conservateur. Plusieurs candidats – et la chef intérimaire Rona Ambrose - s’opposent au « test de valeurs canadiennes » de Kellie Leitch, alors que le ton a monté entre le candidat de l’ouest Brad Trost et un député qui appuie l’un de ses adversaires.

Il y a quelques mois, le candidat Maxime Bernier s’était attiré les foudres des agriculteurs, mais aussi de Steven Blaney en raison de son opposition au système de la gestion de l’offre en agriculture.

« Moi, je suis prêt à défendre la gestion de l’offre. Je suis prêt à démontrer que c’est un modèle avantageux pour les familles, qu’il n’y a aucune subvention et que cela permet à nos producteurs d’avoir un revenu décent pour un produit de qualité », avait pesté l’ancien ministre de la Sécurité publique.

Alain Rayes soutiendra le candidat qui a les meilleures idées. (Photo : PC)

S’il reconnaît que la gestion de l’offre a « fait ses preuves », Alupa Clarke salue le « courage [de Maxime Bernier] d’avoir des convictions qui soient au-delà des énoncés politiques du parti ». Il espère voir davantage de débats d’idées au fur et à mesure que des candidats vont s’annoncer.

« Moi, je veux un débat d’idées très fort, très puissant, des échanges corsés. Je n’ai pas peur des débats où les gens prennent des risques et s’affrontent d’une façon sérieuse, affirme le député conservateur. Au contraire, le plus de candidats qu’il va y avoir, le mieux que c’est pour la santé du Parti conservateur du Canada. »

Le député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, veut attendre de connaître les idées de l’ensemble des candidats avant de faire son choix. Il veut s’assurer que le prochain chef offre un « gouvernement responsable ».

« Plus il y aura d’idées, plus on aura l’occasion de débattre, dit-il. C’est clair, le parti l’a déjà annoncé : on est en train de se réactualiser à l’opposition et on veut être sûrs d’être prêts lors de la prochaine élection pour offrir une alternative à la population. »

En français, SVP

Les députés conservateurs du Québec s’entendent pour dire que le bilinguisme est une condition sine qua non pour aspirer au poste de chef du premier ministre lors des prochaines élections fédérales en 2019.

« Moi, je suis un francophone qui travaille très fort pour apprendre l’anglais! On est dans un pays bilingue, alors je pense que le ou la chef du Parti conservateur doit être bilingue », lance le député Joël Godin.

Le seul candidat québécois, Maxime Bernier, a indiqué au Huffington Post Canada que les membres de son parti réaliseront sous peu qui peut s’exprimer en français et qui en est incapable lors des débats prévus pendant la course à la direction.

«Certains [candidats] apprennent le français. L’apprendront-ils assez rapidement pour débattre en français? Je ne sais pas», a-t-il dit. Mais tous les candidats sont d’accord sur la nécessité de parler le français et de communiquer avec les Québécois, a-t-il précisé.

Kellie Leitch a pris des cours de français, cet été. (Photo : Reuters)

Pour l’instant, les députés Michael Chong, Kellie Leitch, Tony Clement, Maxime Bernier et Deepak Obhrai sont officiellement candidats. Brad Trost et Andrew Scheer, tous les deux de la Saskatchewan, ont aussi annoncé qu’ils entraient dans la course. D’autres devraient confirmer leurs intentions bientôt.

Mis à part le député Jacques Gourde, qui milite pour Bernier, Denis Lebel, qui doit rester neutre en tant que chef adjoint, et Steven Blaney, qui pourrait se lancer, les canaux sont ouverts pour les autres élus du Québec.

Alupa Clarke, député de Beauport-Limoilou, veut s’assurer de rencontrer chaque aspirant-chef afin de discuter de leur vision du Canada. Il annoncera son choix « avant Noël », puis s’investira dans la campagne du candidat choisi.

« Je ne veux pas voir le train de l’histoire passer devant moi, dit-il. C’est surtout une question d’honneur. Il ne faut pas avoir peur de choisir quelqu’un. Personnellement, je veux absolument soutenir quelqu’un. »

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