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28/09/2016 03:58 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Torture en Thaïlande: Amnesty International interdite de s'exprimer à Bangkok

Une conférence d'Amnesty International sur la pratique de la torture par les forces de l'ordre en Thaïlande a été interdite à Bangkok, a dénoncé l'ONG mercredi, la junte au pouvoir démentant de son côté tout recours à la torture.

Deux représentants de l'organisation de défense des droits de l'homme devaient présenter mercredi matin un rapport passant en revue 74 cas présumés de tortures par la police ou l'armée.

Mais "les autorités nous ont prévenus que si des représentants d'Amnesty International prenaient la parole, ce serait une violation du code du travail", a expliqué à l'AFP Omar Waraich, porte-parole d'AI qui avait fait le déplacement à Bangkok.

Des représentants de la police et du ministère du Travail se sont déplacés jusqu'à l'hôtel où la conférence devait être organisée, juste avant qu'elle ne débute, pour exprimer oralement cette menace, a expliqué Amnesty International.

La junte militaire au pouvoir depuis un coup d'Etat en mai 2014 a assuré à l'AFP ne pas être à l'origine de l'affaire. Elle a aussi fermement démenti tout recours à la torture: "les informations qu'ils ont sur des tortures doivent dater d'il y a dix ou vingt ans", a assuré Winthai Suvaree, porte-parole de la junte.

Amnesty International affirme quant à elle avoir écrit ce rapport sur la base de six missions réalisées depuis le coup d'Etat, à travers tout le pays. Le rapport évoque des affaires datant du début des années 2000, mais aussi nombre de cas datant d'après le coup d'Etat.

Ce n'est pas le premier débat "empêché", sous divers motifs, en Thaïlande. De précédentes présentations de rapports, notamment d'ONG dénonçant les détentions abusives depuis le coup d'Etat, ont également été interdites.

Les manifestations à caractère politique restent interdites et de nombreux opposants ont été soumis à des détentions secrètes de plusieurs jours.

Plusieurs risquent des peines de prison ferme pour rassemblements illégaux.

Trois militants des droits de l'Homme sont poursuivis pour "diffamation" par l'armée, pour un rapport sur le recours des militaires à la torture dans l'extrême sud de la Thaïlande, en proie à une insurrection séparatiste musulmane.

ssm-dth/pt