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28/09/2016 00:34 EDT | Actualisé 28/09/2017 01:12 EDT

Shimon Peres, artisan des accords d'Oslo

L'ancien président israélien Shimon Peres, décédé dans la nuit à 93 ans, est le dernier des trois lauréats du prix Nobel de la paix décerné pour les accords d'Oslo à s'éteindre.

Ces accords, signés en 1993 à Washington puis en 1995 à Taba en Egypte, ambitionnaient de favoriser "un règlement global et durable" entre Israéliens et Palestiniens et suscitaient un immense espoir à travers le monde.

- Accords inédits -

Ces accords sur l'autonomie sont le premier texte de paix ratifié par les deux camps qui s'affrontent pour la terre depuis 1948 et la création d'Israël, appelée par les Palestiniens "Nakba" (la catastrophe en arabe).

Ils sont surnommés "accords d'Oslo", d'après la ville norvégienne où ont eu lieu des négociations secrètes.

Le premier volet crée en 1993 l'Autorité palestinienne, une entité intérimaire supposée s'effacer en 1999 avec la perspective de création d'un Etat indépendant.

Le second volet en 1995 divise la Cisjordanie en trois zones, A --contrôlée par les Palestiniens--, B --au contrôle partagé-- et C --plus de 60% du territoire qui devaient progressivement passer aux mains des Palestiniens mais restent entièrement contrôlés par l'armée israélienne.

Les questions les plus épineuses, les frontières, le statut de Jérusalem, les colonies israéliennes ou le droit au retour des réfugiés palestiniens, sont reportées à des négociations ultérieures.

- Poignée de main historique -

Pour sceller l'accord, une rencontre a lieu sur la pelouse de la Maison Blanche à Washington, une image devenue historique.

L'hôte, Bill Clinton, reçoit Shimon Peres, alors ministre des Affaires étrangères, ainsi que le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le leader palestinien Yasser Arafat qui se serrent la main sous l'oeil des photographes.

L'année suivante, les trois hommes reçoivent le prix Nobel de la paix ensemble récompensant "leurs efforts pour créer la paix au Moyen-Orient". Peres assure alors que "les armées d'occupation appartiennent au passé".

Loin de l'euphorie mondiale, la droite israélienne était totalement contre ces accords et l'intellectuel palestinien Edward Saïd dénoncçait "une capitulation, un Versailles palestinien".

- L'héritage -

Deux ans plus tard, un juif extrémiste abat Rabin de deux balles dans le dos. Pour de nombreux observateurs, c'est Oslo qu'on enterre avec le Premier ministre travailliste.

Peres assure l'intérim, mais un an plus tard, Benjamin Netanyahu, opposé de longue date à ces accords, devient Premier ministre.

Au moment où la période intérimaire doit prendre fin et ne voyant pas l'Etat qu'ils espèrent alors depuis 50 ans, les Palestiniens s'engagent dans la deuxième Intifada. Les Israéliens, eux, accélèrent la colonisation. Les guerres se succèdent à Gaza.

Près de 25 ans après leur signature, les accords intérimaires continuent de régir les relations entre les deux camps. Chez Israéliens et Palestiniens, une courte majorité soutient encore la solution à deux Etats, israélien et palestinien coexistant en paix.

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