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28/09/2016 13:50 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

PCC: des débats comme le «cirque» des républicains, redoute un candidat

OTTAWA — Alors que les candidats à la direction du Parti conservateur se bousculent au portillon, l'un de ceux qui songent à se lancer redoute que les débats prennent la même tournure que ceux ayant émaillé les primaires du Parti républicain.

«Ça va être un problème», a lâché mercredi matin en mêlée de presse le député Brad Trost, qui a annoncé en août son intention de briguer la chefferie.

«Certains d'entre nous avons suivi le cirque des primaires (républicaines) aux États-Unis. Alors oui, ça va être difficile», a-t-il poursuivi.

Au plus fort de la course à l'investiture républicaine, ils étaient 17 à se disputer la nomination. Face à cette surabondance de candidats, la chaîne Fox News avait organisé en août deux débats télévisés distincts — un avec les 10 favoris et l'autre avec les sept moins connus.

Le député Trost a offert cette analyse peu avant que son collègue Andrew Scheer n'officialise sa candidature, devenant la sixième personne à se retrouver officiellement sur les blocs de départ après Maxime Bernier, Tony Clement, Kellie Leitch, Michael Chong et Deepak Obhrai.

Il faudra possiblement prévoir plus de place sur scène pour les débats, puisque d'autres sont tentés par l'aventure: les députés Lisa Raitt, Steven Blaney et Erin O'Toole, l'ex-député Pierre Lemieux, l'ancien ministre Chris Alexander ainsi que l'homme d'affaires Kevin O'Leary.

En point de presse à la sortie du caucus conservateur, mercredi, le chef adjoint Denis Lebel a soutenu que la présence de nombreux candidats témoignait de la bonne santé du parti.

Il s'est permis une petite pique à l'endroit du Nouveau Parti démocratique (NPD), où personne n'a encore levé la main pour remplacer Thomas Mulcair, poussé vers la sortie en avril dernier par les militants de son parti.

«Je n'entends pas beaucoup parler des candidats à la chefferie du NPD pendant ce temps-là... Il n'y en a pas alors que nous, on nous dit qu'il y en a trop. J'aime mieux en avoir trop que pas du tout», a raillé le député de Lac-Saint-Jean.

Scheer se lance

Lors de l'annonce officielle de sa candidature, mercredi, Andrew Scheer a dit qu'il percevait lui aussi cette kyrielle de candidatures comme un signe de la vitalité du parti, lançant en souriant qu'il était pour le «libre marché» et un «plus grand choix pour le consommateur».

L'ancien président de la Chambre des communes a fait une démonstration de force en confirmant qu'il se lançait avec 10 membres du caucus derrière lui. Au total, ils sont 17 députés et trois sénateurs à l'appuyer, selon la liste fournie par son équipe de campagne.

Bon nombre d'entre eux sont des représentants de l'aile de droite sociale du parti. Le député Scheer n'a pas nié être opposé à l'avortement, au mariage entre personnes du même sexe et à l'aide médicale à mourir. Mais pour lui, les enjeux ne sont pas des priorités.

Pressé de questions par les journalistes, il a fini par dire que les «débats sur ces enjeux ne seront pas rouverts par un (futur) gouvernement conservateur» dont il serait le premier ministre.

Le député de la Saskatchewan natif d'Ottawa, qui parle couramment français, n'a jusqu'à présent aucun appui en provenance du Québec. Il s'est cependant dit certain d'en rallier à sa cause éventuellement.

Car les Québécois n'aiment pas plus que les gens de l'Ouest le type de gouvernement centralisateur qui est selon lui l'apanage des libéraux, a soutenu le père de cinq enfants qui dit vouloir mener une campagne «profamille».

«Plusieurs m'ont demandé pourquoi j'étais prêt à passer autant de temps loin de mes enfants pour me lancer dans cette aventure. La réponse est simple: je ne peux laisser Justin Trudeau faire à mes enfants ce que son père a fait à ma génération», a lancé M. Scheer.

En sautant dans l'arène avec des appuis représentant près de 20 pour cent de la députation, le député vient sans doute de s'imposer comme un favori dans cette course — un statut qui fera conséquemment de lui une cible de choix pour ses adversaires.

Les premières salves sont venues de son collègue saskatchewanais Brad Trost.

Dans une lettre datée de mardi envoyée au bureau de la chef intérimaire, Rona Ambrose, il a accusé le leader parlementaire adjoint, Chris Warkentin, qui fait selon lui «activement campagne» pour le camp Scheer, de manquer au devoir de neutralité qui vient avec son titre d'officier.

Lorsqu'on lui a demandé si M. Warkentin faisait effectivement campagne pour lui, que ce soit ouvertement ou en coulisses, Andrew Scheer a esquivé la question.

«M. Warkentin n'est pas sur la liste (des gens qui m'appuient). Nous sommes de bons amis (...) En ce moment, les députés qui m'appuient et qui font campagne pour moi sont sur ma liste», s'est-il contenté d'offrir.