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28/09/2016 14:59 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Optilab : la CSN craint des centaines de pertes d'emplois

La centralisation des laboratoires médicaux au Québec fera perdre des centaines d'emplois, selon la CSN. Le projet Optilab a été présenté aux technologistes médicaux des hôpitaux de la province par vidéoconférence, mercredi. Un des objectifs est de réduire de 20 % les heures travaillées en laboratoire.

« C'est pire que ce à quoi je m'attendais. C'est pire parce qu'on ne pensait pas qu'il viserait à couper autant de postes », s'inquiète le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Seulement dans la région de la Capitale-Nationale, près de 150 postes de techniciens seraient appelés à disparaître. Jean Lacharité accuse le gouvernement de manquer de transparence dans ce dossier et demande un moratoire sur l'implantation d'Optilab.

« Je vous mentionne qu'ils ont refusé de nous donner quelque document que ce soit. Dans l'ensemble des régions du Québec, et même au niveau national, ils ont procédé par présentation d'un PowerPoint. »

Les dangers du transport

Avec cette « hypercentralisation des analyses de laboratoire », la CSN s'inquiète aussi des dangers inhérents au transport d'échantillons médicaux sur de longues distances.

Par exemple, l'objectif Optilab est de traiter l'ensemble des échantillons de l'Abitibi au Centre universitaire de santé McGill à Montréal, ceux de la Gaspésie seront envoyés à Rimouski, ceux de la Côte-Nord, à Chicoutimi.

« Au Québec, on connaît notre climat, il y a des intempéries parfois, alors nous on pense que ça va affecter énormément la qualité des services de laboratoire pour la population », avance Jean Lacharité.

Ces inquiétudes sont partagées par le critique de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de santé.

« Imaginez que la livraison d'échantillons de laboratoire entre Drummondville et Trois-Rrivières soit compromise en raison d'une tempête de neige, a lancé François Paradis lors de la période de questions. Est-ce que le ministre de la Santé peut annoncer un moratoire sur Optilab avant qu'il ne soit trop tard ? »

Gaétan Barrette a balayé ces inquiétudes du revers de la main. « Si j'étais jeune, j'aurais l'impression d'entendre une histoire sur le bonhomme sept heures, a-t-il répondu. La réalité est actuellement que des prélèvements, ça circule tous les jours. »

Les prises de sang effectuées dans les CLSC, par exemple, sont acheminées chaque jour aux laboratoires d'analyse, a insisté Gaétan Barrette.

Le gouvernement garde donc le cap et souhaite terminer l'implantation d'Optilab d'ici cinq ans. Selon Gaétan Barrette, la centralisation des laboratoires médicaux permettra de réaliser des économies de 75 millions de dollars.