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28/09/2016 07:24 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

MH17 : les principaux résultats de l'enquête pénale

Le missile qui a abattu l'avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine avait été acheminé de Russie avant d'être tiré, a affirmé mercredi le parquet néerlandais.

Deux ans après la destruction en vol du Boeing 777 reliant Amsterdam à Kuala Lumpur qui a causé la mort de 298 personnes, des Néerlandais pour la plupart, voici les principaux résultats préliminaires de l'enquête pénale.

- L'arme -

"L'équipe d'enquête commune (JIT) est convaincue d'avoir obtenu des preuves irréfutables pour établir que le 17 juillet 2014, le vol MH17 a été abattu par un missile BUK de série 9M38", a précisé le parquet.

Les enquêteurs venus de Belgique, d'Ukraine, d'Australie et de Malaisie, dont le travail a été coordonné par le parquet néerlandais, ont comparé des pièces de l'arme présumée retrouvées sur le site du crash avec des matériaux de référence démantelés de plusieurs sortes de systèmes BUK.

Ainsi, le scénario d'une attaque menée de l'extérieur de l'avion a été retenu par les enquêteurs sur la base des images radar, excluant les hypothèses de l'accident, d'une action terroriste à l'intérieur de l'appareil et de l'attaque déclenchée par un avion militaire.

- Son origine -

D'après l'itinéraire reconstitué à partir de photos, vidéos, témoignages, données de télécommunications et conversations téléphoniques, "le système a été transporté du territoire russe vers l'est de l'Ukraine dans un camion Volvo blanc avec une semi-remorque à plateau, escorté de plusieurs autres véhicules et par des hommes armés en uniforme", selon le parquet néerlandais.

Les conversations téléphoniques suggèrent que le système BUK a traversé la frontière pendant la nuit ayant précédé la catastrophe.

Le 16 juillet 2014 à 19H09 heure locale, un homme identifié comme étant Nikolayevich assure que, s'il pouvait "recevoir un BUK le matin, ce serait bien". "Sinon, tout serait foutu", s'exclame-t-il.

Un homme du nom de Sanych répond : "si tu en as besoin, nous l'enverrons vers ta zone."

- Le site de tir -

La destination finale du système BUK était un champ près du village de Pervomaïski contrôlé, à l'époque, par les combattants prorusses.

Des témoins affirment avoir vu "une volute de fumée, le BUK-TELAR sur le site de tir de Pervomaïski et le missile juste après qu'il ait été tiré".

Le BUK-TELAR a ensuite été "rechargé sur le camion Volvo et ramené à la frontière russe" pour atteindre le territoire de la Fédération de Russie pendant la nuit, d'après les enquêteurs.

- Les auteurs -

Les enquêteurs n'ont nommé aucun suspect et veulent dorénavant se concentrer sur les auteurs présumés de la catastrophe.

"Environ cent personnes qui peuvent être liées au crash du MH17 ou au transport du BUK-TELAR" ont été identifiées, a souligné le parquet, qui cherche des informations à leur sujet.

La "chaîne de commandement" est également au coeur des interrogations : "Qui a donné l'ordre d'amener le BUK-TELAR en Ukraine et d'abattre le Boeing 777 du vol MH17 ? Le groupe a-t-il décidé de lui-même ou a-t-il exécuté les ordres de supérieurs ?"

Les enquêteurs ont publié sur leur site internet www.jitmh17.com certaines des conversations téléphoniques interceptées. La JIT, dont l'enquête a été prolongée jusqu'au 1er janvier 2018, a appelé les personnes reconnaissant les voix à les contacter pour fournir des informations supplémentaires.

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