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28/09/2016 11:14 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Les Etats-Unis sanctionnent deux proches de Kabila

L'administration américaine a adopté mercredi des sanctions financières contre deux hauts responsables militaires de la République démocratique du Congo (RDC), proches du président Joseph Kabila, selon un communiqué du Trésor.

Le général-major général Gabriel Amisi Kumba, commandant des forces armées (FARDC) pour la première zone de défense du pays ainsi que le général John Numbi, ancien inspecteur de la police nationale, ont été placés sur la liste noire américaine.

Leurs avoirs éventuels aux Etats-Unis seront gelés et il est interdit à tout ressortissant américain de réaliser des transactions avec ces individus.

"Ces responsables, actuel et ancien, du gouvernement de la République démocratique du Congo se sont engagés dans des actions qui ont sapé le processus démocratique en RDC et réprimé les libertés et droits politiques du peuple congolais, risquant de répandre l'instabilité dans le pays et plus largement dans la région des Grands Lacs", a déclaré John Smith, directeur en exercice de l'agence du Trésor qui émet ces sanctions, l'OFAC.

La RDC vient de connaître une nouvelle explosion de violences ayant fait des dizaines de morts et liées au report de la présidentielle qui devait se tenir cette année.

Interrogé sur ces sanctions par l'AFP à Kinshasa, un porte-parole du gouvernement Lambert Mende a déclaré: "nous n'avons pas de réaction à chaud, nous réagirons demain, nous prendrons tout notre temps".

Le général Amisi, chef de la première zone de défense qui inclut Kinshasa, est accusé d'avoir commandé des unités des FARDC dans la répression de manifestations politiques.

"De plus en plus de violations des droits à la liberté de s'exprimer et de se réunir pacifiquement ont été rapportées dans les provinces de l'ouest, notamment à Kinshasa", estime le Trésor qui cite un usage "excessif de la force et d'armes létales pendant des manifestations (...) particulièrement en janvier 2015".

Ancien rebelle pendant la 2e guerre du Congo (1998-2003), M. Amisi avait été suspendu de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée de terre en 2012, accusé par des experts de l'ONU d'être à la tête d'un trafic d'armes à destination de groupes rebelles dans l'Est. Il a été blanchi de ces accusations en 2014 par le Conseil supérieur de la défense et nommé peu après la tête de la 1ère zone de défense congolaise.

Pour sa part, le général John Numbi est accusé par les Etats-Unis d'avoir usé, en mars lors d'élections, "d'intimidation violente pour s'assurer la victoire de candidats affiliés à la coalition du président Kabila".

Il aurait menacé de tuer des candidats de l'opposition s'ils ne se retiraient pas volontairement de la course et trois ont obtempéré, précise l'administration américaine. Originaire du Katanga (sud-est) comme Joseph Kabila, il n'est plus membre officiel du gouvernement mais reste "un conseiller influent du président Kabila", souligne le Trésor.

La République démocratique du Congo (ex-Zaïre) est dirigée depuis 2001 par Joseph Kabila, réélu en 2011 lors d'un scrutin contesté et marqué par des violences.

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