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28/09/2016 07:33 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Le vol MH17 a été abattu par un missile transporté en Ukraine depuis la Russie

NIEUWEGEIN, Pays-Bas — Une équipe d'enquêteurs dirigée par les Pays-Bas a révélé, mercredi, avoir des preuves que l'avion de Malaysia Airlines qui s'est écrasé il y a deux ans dans l'est de l'Ukraine avait été touché par un missile sol-air BUK transporté en sol ukrainien depuis la Russie.

Wilbert Paulissen, le chef du service central d'enquête criminelle de la police nationale des Pays-Bas, a indiqué que des communications interceptées montraient que les rebelles prorusses avaient demandé le déploiement du système d'arme sol-air mobile et avaient rapporté son arrivée le 17 juillet 2014 dans le secteur qu'ils contrôlaient dans l'est de l'ancienne république soviétique.

Selon les enquêteurs, le missile qui a atteint l'avion à quelque 10 000 mètres d'altitude, tuant les 298 personnes qui se trouvaient à bord, a été lancé ce jour-là depuis un champ dans une zone détenue par les insurgés à Pervomaiskiy, à 5 kilomètres de la ville de Snizhne.

À partir de ces faits et d'autres preuves recueillies par l'équipe d'enquêteurs chargée de faire la lumière sur cette affaire, M. Paulissen a déclaré en conférence de presse, mercredi, qu'il était possible de conclure que le Boeing 777 avait été abattu par un missile 9M38 lancé par un BUK arrivé en sol ukrainien en provenance du territoire de la Russie puis renvoyé là-bas après l'attaque.

Ces conclusions sont le résultat d'une enquête de deux ans menée par les autorités néerlandaises sur la tragédie en collaboration avec leurs homologues de l'Australie, de la Belgique, de la Malaisie et de l'Ukraine.

Une autre enquête effectuée par les autorités néerlandaises en matière de sécurité l'an dernier avait déjà conclu que l'avion parti d'Amsterdam en direction de Kuala Lumpur avait été abattu par un missile BUK envoyé depuis le territoire contrôlé par les rebelles prorusses.

Le porte-parole de la police nationale des Pays-Bas, Thomas Aling, a indiqué que la différence entre les deux enquêtes résidait dans le fait que la plus récente avait été conçue pour fournir des preuves assez solides pour être utilisées dans le cadre d'un procès criminel.

M. Aling a toutefois ajouté que le lieu et la date pour la tenue d'un tel procès n'avaient pas encore été déterminés.

La Russie a souvent contesté les allégations selon lesquelles les insurgés prorusses de l'est de l'Ukraine étaient responsables du drame. Lundi, l'armée russe avait affirmé que de nouvelles données de radiolocalisation montraient que le missile ayant provoqué l'écrasement du vol MH17 ne provenait pas du secteur détenu par les rebelles et annoncé son intention de soumettre ces renseignements aux enquêteurs.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répété cette assertion mercredi avant la publication du rapport d'enquête.

«S'il y a eu une roquette, elle ne pouvait avoir été lancée qu'à partir d'une autre zone, a-t-il déclaré devant les journalistes en faisant référence aux données de radiolocalisation. On ne peut nier ce fait, c'est indiscutable.»