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28/09/2016 16:56 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Le NPD exhorte Trudeau à abroger la directive ministérielle sur la torture

OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) appelle le gouvernement libéral à abroger immédiatement une directive qui permet aux agences de sécurité d'utiliser de l'information qui pourrait avoir été obtenue sous la torture.

Les libéraux — qui s'étaient opposés à la directive ministérielle lorsqu'ils étaient dans l'opposition — ont affirmé que la pratique serait examinée dans le cadre de la révision plus large de la politique nationale sur la sécurité.

Scott Bardsley, porte-parole du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, a indiqué que les points de vue de tous les Canadiens, «incluant tous les membres du Parlement», étaient les bienvenus.

Mais les néo-démocrates réclament que la directive soit abrogée dès maintenant.

Le porte-parole du NPD en matière de sécurité publique, Matthew Dubé, a fait valoir, mercredi, qu'il était reconnu que les renseignements obtenus sous la torture «ne sont pas valides», et que la pratique «n’assure en rien la sécurité des Canadiens».

Dans le communiqué du NPD, sa collègue Hélène Laverdière, porte-parole en matière d’affaires étrangères, renchérit en disant que la torture est immorale et va à l'encontre de tous les engagements internationaux du Canada envers les droits de la personne.

«Cette pratique entache la réputation du Canada. Le gouvernement libéral doit mettre fin à cette directive», a dit Mme Laverdière.

M. Goodale avait dit plus tôt cette année que les libéraux réexamineraient la «série d'enjeux préoccupants» soulevés par la politique de partage d'information avec des pays étrangers, promulguée par le précédent gouvernement conservateur.

La politique s'applique au Service canadien du renseignement de sécurité, à la Gendarmerie royale du Canada, à l'Agence des services frontaliers, au Centre de la sécurité des télécommunications et à la Défense nationale. 

Des militants des droits de la personne ont vertement critiqué la pratique, estimant qu'elle revenait à tolérer la torture dans des prisons à l'étranger, en violation du droit international et des engagements du Canada aux Nations unies.