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28/09/2016 08:48 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Grèce: nouvelle manifestation à Chios contre l'entassement migratoire sur l'île

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi à Chios contre la concentration sur cette île égéenne de milliers de réfugiés et migrants bloqués par l'accord UE-Turquie, a constaté l'AFP.

"Arrêtez de produire des réfugiés et immigrés, rendez-nous notre pays", proclamait en anglais l'une des banderoles. "Frontières ouvertes = îles prisons", mentionnait une autre, reproduisant une photo de la chancelière allemande Angela Merkel aux côtés d'un réfugié.

Réunis sur une place centrale du chef lieu de l'île, les manifestants devaient se rendre en cortège jusqu'à un hôtel proche, accueillant depuis des mois les personnels des nombreuses ONG de soutien aux réfugiés. "NGOs Now Go Out" (ONG, maintenant partez), indiquait une autre banderole.

Émanant d'un "comité de lutte" local nouvellement surgi, l'appel à cette manifestation a été notamment relayé par des cadres locaux de l'opposition socialiste et conservatrice, selon le quotidien grec de gauche, Journal des rédacteurs.

Il s'agit de la deuxième manifestation en 15 jours sur l'île, où s'entassent 3.700 réfugiés et migrants, pour une capacité de 1.100 places.

La précédente, le 14 septembre, avait donné lieu à des affrontements entre policiers et manifestants, dont des militants d'extrême-droite, et des violences contre des journalistes, quand une partie du cortège s'était dirigée vers les camps abritant les réfugiés et migrants.

Les tensions, avec la population locale et au sein des camps migratoires sont récurrentes ces dernières semaines sur les îles grecques d'Égée, où le plan UE-Turquie visant à couper la route migratoire égéenne bloque près de 14.000 réfugiés et migrants, soit près du double des places d'accueil disponibles.

Ces exilés sont en principe voués au renvoi en Turquie car ils sont arrivés depuis le 20 mars, mais ces retours, fortement contestés en regard du droit d'asile, marquent le pas, faute des renforts européens promis à la Grèce pour assurer leur légalité.

Le gouvernement grec s'est engagé à procéder rapidement à des transferts vers le continent, pour soulager les îles, mais la mesure, mal vue par les partenaires européens du pays qui craignent une dispersion des intéressés, se fait attendre.

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