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28/09/2016 05:42 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

France: Hollande plaide le "sérieux" du dernier budget de sa présidence

Le président français François Hollande a plaidé mercredi la crédibilité et le "sérieux" du dernier budget de sa présidence, malgré le scepticisme qui a accueilli la prévision d'un déficit public ramené à 2,7% du Produit intérieur brut (PIB).

Cet objectif qui ramène le déficit public sous la barre des 3% demandée par Bruxelles, pour la première fois depuis dix ans, est "crédible et sérieux", a assuré le président socialiste en conseil des ministres.

Le Haut conseil des finances publiques, organe indépendant chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires, a cependant déjà émis des doutes sur ce scénario qui tend selon lui à "s'écarter du principe de prudence".

L'opposition de droite, qui compte bien revenir au pouvoir dans sept mois à l'occasion de l'élection présidentielle, a aussi brocardé ce budget. Plusieurs prétendants à l'Elysée ont annoncé leur intention de le détricoter.

Pour parvenir à l'objectif de réduction du déficit, le budget table sur une croissance de 1,5% du PIB en 2017.

Or plusieurs organisations internationales ont revu à la baisse leurs hypothèses pour la France, à l'image de l'OCDE, qui table désormais sur une hausse du PIB de 1,3%, ou bien du FMI qui compte sur 1,2% seulement, en raison des incertitudes liées au Brexit.

"Si nous avons choisi de maintenir cette hypothèse, c'est que nous avons décidé de ne pas réagir précipitamment aux évènements de l'été dont les conséquences sont particulièrement incertaines", a assuré le ministre du Budget Michel Sapin, affirmant être "conforté" dans son approche par les résultats obtenus en 2015, meilleurs que prévus.

Décidé à faire oublier le "ras-le-bol fiscal" du début du quinquennat, le budget 2017 prévoit notamment des baisses d'impôts pour cinq millions de foyers et une série des coups de pouce en faveur des entreprises, pour un montant de cinq milliard d'euros. D'autres mesures visent à relancer l'emploi dans un pays qui compte plus de 3,5 millions de chômeurs, alors que le président Hollande a conditionné sa candidature à un nouveau mandat en 2017 à une amélioration sur ce front.

Le budget comporte des hausses dans les deux autres "chantiers prioritaires", l'éducation, déjà le premier poste budgétaire, et la sécurité, dans un contexte de menaces d'attentats.

L'Etat, au total, devrait ainsi dépenser 381,7 milliards d'euros l'an prochain, soit 7,4 milliards d'euros nets de plus qu'en 2016.

- Promesse 'irresponsable' -

Par ailleurs le projet entérine le passage au paiement des impôts à la source, déjà pratiqué dans d'autres pays. Prévue pour 2018, cette mesure oblige les entreprises se préparer dès l'année prochaine.

"Nous préparons l'alternance. C'est avec ce regard que nous allons examiner le projet de loi de finances", a averti le président du Sénat Gérard Larcher, membre du parti Les Républicains, annonçant ainsi des amendements forts en cas de changement de majorité en mai 2017.

La plupart des candidats à la primaire de la droite estiment que l'objectif de réduction du déficit ne sera pas tenu, tout en s'engageant à de fortes baisses d'impôts en cas de victoire. Une promesse qualifiée d'"irresponsable" par Michel Sapin.

Le dernier budget du quinquennat de François Hollande a aussi reçu une volée de bois vert de la part des ONG, qui critiquent le faible montant des aides au développement. Ce poste devrait représenter 2,62 milliards d'euros en 2017, soit une hausse de plus de 130 millions d'euros par rapport à cette année.

Oxfam France reconnaît dans un communiqué un "changement de tendance", mais le qualifie de "timide" et souligne que ce quinquennat "restera marqué par une amputation de 20% des crédits budgétaires, soit près de 700 millions d'euros en moins pour lutter contre le changement climatique, contribuer à l'éradication de la pauvreté et de la faim, et favoriser l'accès à la santé et à l'éducation pour tous".

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