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28/09/2016 11:08 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Crise politique au Venezuela : l'opposition veut la médiation du pape

L'opposition vénézuélienne a demandé mercredi au pape François une médiation avec le gouvernement du président de gauche Nicolas Maduro, à l'heure où ce pays pétrolier traverse une profonde crise économique et politique.

"Nous faisons appel à votre autorité morale respectée afin que vous nous illuminiez et contribuiez à encourager les conversations entre le gouvernement national et l'alternative démocratique", selon une lettre remise au nonce apostolique à Caracas, Aldo Giordano.

L'opposition, réunie au sein de la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre droit), a rappelé que le Vatican était disposé à jouer le médiateur.

Vendredi, le porte-parole du président Jorge Rodriguez a indiqué que le gouvernement avait également sollicité le nonce apostolique au Venezuela pour que le Vatican participe au dialogue avec l'opposition.

La MUD souligne dans sa lettre que les éventuelles futures discussions devront répondre à la "crise sociale et économique" et "accélérer la mise en place de la solution électorale", en référence au référendum qu'elle veut organiser pour précipiter le départ du dirigeant socialiste.

En mai, le pape François, préoccupé par la situation au Venezuela, avait adressé une lettre à M. Maduro.

Le cardinal Pietro Parolin, n°2 du Vatican et ancien nonce au Venezuela, avait déjà mené en 2014 une médiation au nom du pape entre Nicolas Maduro et l'opposition.

Le Venezuela, dont l'économie a sombré avec la chute des cours du brut, affiche désormais la pire inflation au monde, attendue à 720% cette année par le FMI, et une pénurie touchant 80% des aliments et médicaments, faute de dollars pour importer.

L'opposition, qui a remporté les élections législatives fin 2015, tente depuis des mois de mobiliser les Vénézuéliens, avec plus ou moins de succès, pour faire pression sur les autorités électorales et accélérer la tenue du référendum.

Mais ce processus ressemble à une véritable course d'obstacles, dont la dernière étape se jouera du 26 au 28 octobre, quand la MUD devra réunir quatre millions de signatures pour avoir enfin le droit de convoquer la consultation populaire.

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