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28/09/2016 05:52 EDT | Actualisé 29/09/2017 01:12 EDT

Après l'Inde, trois autres pays se retirent d'un sommet au Pakistan

Le Bangladesh, l'Afghanistan et le Bhoutan ont décidé de ne pas se rendre à un important sommet régional au Pakistan, emboîtant le pas à l'Inde qui a pris cette mesure après l'attaque d'une de ses bases militaires au Cachemire, territoire revendiqué par ces deux puissances nucléaires.

Le gouvernement indien cherche à isoler Islamabad sur la scène internationale en rétorsion à l'assaut meurtrier il y a dix jours d'un complexe militaire par des rebelles en provenance du Pakistan. Une réunion des dirigeants des pays membres de l'Association sud-asiatique pour la coopération régionale (SAARC) est prévue pour les 9 et 10 novembre dans sa capitale.

L'Inde, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a annoncé mardi qu'elle n'assisterait pas à ce sommet. "Dans les circonstances actuelles, le gouvernement indien ne peut pas participer au sommet d'Islamabad", a fait savoir le ministère dans un communiqué. "L'augmentation (du nombre) des attaques terroristes transfrontalières dans la région (du Cachemire) (...) a créé un environnement défavorable au succès du 19e sommet de la SAARC".

Cette organisation régionale encourage notamment la coopération agricole, scientifique, contre le trafic de drogue et le terrorisme.

L'attaque le 18 septembre de la base d'Uri, attribuée au groupe islamiste Jaish-e-Mohammed basé au Pakistan, a fait 18 morts dans les rangs de l'armée indienne, le plus lourd bilan au Cachemire en plus d'une décennie. Islamabad a qualifié d'"infondée et prématurée" l'information selon laquelle les assaillants venaient du territoire pakistanais.

Le ministre délégué aux Affaires étrangères du Bangladesh a confirmé mercredi à l'AFP que son pays ne serait pas non plus présent au sommet.

"Le Pakistan s'ingère depuis un certain temps dans nos affaires intérieures", a à cet égard dit à l'AFP un haut responsable de la diplomatie bangladaise ayant requis l'anonymat. "C'est pourquoi, nous nous sommes retirés du sommet de la SAARC".

L'Afghanistan et le Bhoutan, deux proches alliés de l'Inde, ont pris la même décision, a déclaré un responsable du gouvernement népalais dont le pays préside actuellement cette organisation régionale.

Pour les experts, ces retraits ont peu d'impact concret et risquent de pousser davantage le Pakistan dans les bras de la Chine.

"C'est surtout une victoire symbolique et politique (pour l'Inde). Quant au Pakistan, ça va le pousser à se rapprocher encore plus de Pékin", juge l'analyste Ashok Malik.

L'Inde et le Pakistan veulent chacun récupérer l'intégralité du Cachemire, région himalayenne divisée à l'origine de deux guerres entre ces pays depuis la Partition et leur indépendance de l'Empire britannique en août 1947. La partie indienne du territoire est de nouveau, depuis début juillet, en proie à des violences, qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

New-Delhi accuse Islamabad de soutenir en sous-main les infiltrations et la rébellion armée dans la partie du Cachemire qu'elle contrôle. Des allégations que le Pakistan a toujours démenties.

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