POLITIQUE
28/09/2016 03:44 EDT | Actualisé 28/09/2016 03:44 EDT

Direction du PCC: des débats comme le «cirque» des républicains, redoute un candidat

Alors que les candidats à la direction du Parti conservateur se bousculent au portillon, celui qui semble vouloir jouer aux trublions redoute que les débats entre les nombreux aspirants au titre prennent la même tournure que ceux ayant émaillé les primaires du Parti républicain.

Le député Brad Trost, qui a annoncé son intention de briguer la chefferie, a reconnu mercredi matin que débattre à plusieurs sur scène allait "être un problème", citant en exemple le "cirque" qu'ont offert les candidats républicains aux États-Unis lors des joutes oratoires.

L'élu saskatchewanais a offert cette analyse quelques heures avant que son collègue Andrew Scheer n'officialise sa candidature, devenant la sixième personne à se retrouver officiellement sur les blocs de départ après Maxime Bernier, Tony Clement, Kellie Leitch, Michael Chong et Deepak Obhrai.

Il faudrait possiblement prévoir plus de place sur scène pour les débats, puisque d'autres sont tentés par l'aventure, dont les députés Lisa Raitt, Steven Blaney et Erin O'Toole ainsi que l'ex-député Pierre Lemieux, l'ancien ministre Chris Alexander et l'homme d'affaires Kevin O'Leary.

La course a connu son premier véritable rebondissement il y a quelques semaines avec la proposition de Kellie Leitch de filtrer les "valeurs anticanadiennes" des immigrants. L'élue a depuis martelé sur toutes les tribunes qu'elle allait faire de l'identité un élément central de sa campagne.

Mais depuis quelques jours, c'est Brad Trost qui sème la zizanie. Lundi, il a accusé le bureau du leader parlementaire de son parti de l'avoir censuré en l'empêchant de faire une déclaration en Chambre, et mardi, il a écrit à la chef intérimaire, Rona Ambrose, pour se plaindre d'un collègue.

Dans sa lettre, le député Trost accuse le leader parlementaire adjoint, Chris Warkentin, qui fait "activement campagne" pour le camp Scheer, de manquer à son devoir de neutralité. Il y ajoute que M. Warkentin a enregistré des conversations téléphoniques et menacé de les rendre publiques.

En point de presse à la sortie du caucus conservateur, mercredi, le chef adjoint Denis Lebel a voulu minimiser cette situation, plaidant qu'il y aurait certainement au fil des prochains mois des commentaires qui allaient "agrémenter les discussions".

Il a soutenu que la présence de nombreux candidats était une bonne chose, se permettant une petite pique à l'endroit du Nouveau Parti démocratique (NPD), où personne n'a encore levé la main pour remplacer Thomas Mulcair, chassé du poste en avril dernier par les militants de son parti.

"Je n'entends pas beaucoup parler des candidats à la chefferie du NPD pendant ce temps-là... Il n'y en a pas alors que nous, on nous dit qu'il y en a trop. J'aime mieux en avoir trop que pas du tout", a raillé le député de Lac-Saint-Jean.

Lors de l'annonce officielle de sa candidature, mercredi, Andrew Scheer a dit qu'il percevait lui aussi cette multitude de candidatures comme un signal de la vitalité du parti, lançant en souriant qu'il était pour le "libre marché" et un "plus grand choix pour le consommateur".

L'ancien président de la Chambre des communes a fait une démonstration de force en confirmant qu'il se lançait avec 10 membres du caucus conservateur derrière lui. Au total, ils sont 20 sénateurs et députés à l'appuyer, selon la liste fournie par son équipe de campagne.

Bon nombre d'entre eux sont des représentants de l'aile de droite sociale du parti. Mais pour Andrew Scheer, qui se présente comme le candidat rassembleur dans cette course, ces questions ne sont pas des priorités.

Pressé de questions par les journalistes, il a fini par dire qu'il ne comptait pas rouvrir le débat sur l'avortement ou le mariage entre personnes du même sexe s'il est élu chef du parti, puis premier ministre du Canada.

Le député de la Saskatchewan, qui a été élu sans interruption dans sa circonscription de Regina_Qu'Appelle depuis 2004, n'a aucun appui en provenance du Québec, mais il s'est dit sûr de pouvoir parvenir à en rallier à sa cause.

Le premier débat entre les candidats, en anglais, aura lieu le 10 novembre à Saskatoon. Le second, bilingue, est prévu le 6 décembre à Moncton.