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26/09/2016 06:10 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Syrie: Alep dans la guerre

La métropole syrienne d'Alep, sous un déluge de bombes larguées par le régime et la Russie depuis plusieurs jours, est entrée dans l'engrenage de la guerre à l'été 2012.

- Alep entre dans la guerre -

En avril-mai 2011, des milliers d'étudiants manifestent à Alep (nord), jusqu'alors relativement épargnée par le mouvement de contestation lancé à la mi-mars. Ils sont rapidement dispersés par des étudiants pro-régime et les services de sécurité.

Le 20 juillet 2012, de violents combats opposent, dans plusieurs quartiers, l'armée aux rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de civils ayant pris les armes et de déserteurs), les premiers du genre.

Le 8 août, les forces gouvernementales lancent une offensive terrestre, avant l'entrée en action d'armes lourdes et d'avions bombardiers. Le 23, l'armée reprend les quartiers chrétiens dans le vieux centre touristique.

Depuis, la deuxième ville de Syrie est divisée entre secteurs loyalistes dans l'Ouest, où vivent 1,2 millions d'habitants, et quartiers tenus par les rebelles dans l'Est, où résident plus de 250.000 personnes. Les combats s'enlisent dans une guerre d'usure.

De son côté, la province d'Alep est le théâtre de combats impliquant jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ou du Front Al-Nosra, groupes rebelles, armée gouvernementale et milices pro-régime, combattants libanais du Hezbollah ou kurdes.

- Des 'barils d'explosifs' dévastateurs -

En décembre 2013, l'armée utilise contre les quartiers rebelles des "barils d'explosifs", qu'elle largue à partir d'hélicoptères et d'avions militaires, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants.

Il s'agit de barils en métal, avec une couche de béton armé à l'intérieur et remplis de TNT pour faire "un maximum de destructions et de morts", selon l'OSDH.

Le recours à cette arme qui tue de manière aveugle est dénoncé par l'ONU et des ONG internationales.

Fin juillet 2014, Human Rights Watch affirme que le nombre de secteurs frappés par les barils d'explosifs a presque doublé en cinq mois, faisant près de 1.700 morts.

De leur côté, les insurgés ripostent avec des tirs de roquettes meurtriers sur les quartiers gouvernementaux.

- Engagement militaire russe -

A partir de fin septembre 2015, la Russie vient à la rescousse du régime syrien, en mauvaise posture, permettant à Damas de reprendre du terrain aux rebelles notamment dans l'Ouest.

Le 1er février 2016, le régime, aidé par des miliciens et des combattants du Hezbollah libanais et avec le soutien de l'aviation russe, lance une offensive contre les rebelles dans la province d'Alep.

Une trêve instaurée le 27 février par la Russie et les Etats-Unis est violée à plusieurs reprises. Près de 300 civils périssent à Alep dans des bombardements en avril.

Le 17 juillet, les forces du régime coupent le dernier axe d'approvisionnement des rebelles, la route du Castello. Ils assiègent totalement leurs quartiers.

Fin juillet, l'Armée de la conquête, une alliance de groupes rebelles et de jihadistes, lance une importante offensive pour tenter de desserrer le siège, puis annonce avoir pris le quartier gouvernemental de Ramoussa, à la périphérie sud d'Alep.

Mais le 8 septembre, l'armée reprend Ramoussa, parachevant l'étranglement des quartiers rebelles.

Le 22 septembre, quelques jours après la fin d'une trêve d'une semaine initiée par les Américains et les Russes, l'armée syrienne annonce une offensive majeure en vue de reprendre les quartiers rebelles.

L'est d'Alep est depuis sous le feu d'intenses bombardements meurtriers du régime et de la Russie. Et les pays occidentaux ont nettement durci le ton face à Damas et surtout Moscou, accusé directement d'organiser l'offensive sur Alep.

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