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26/09/2016 08:38 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Référendum en Azerbaïdjan pour l'extension des pouvoirs présidentiels

L'Azerbaïdjan a organisé lundi un référendum contesté par l'opposition et les groupes de défense des droits de l'Homme au cours duquel les électeurs ont dû se prononcer sur une modification de la Constitution censée accorder des pouvoirs accrus au président Ilham Aliev.

Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 heure locale (15H00 GMT), la commission électorale centrale annonçant un taux de participation de 63,3% à 17H00. Les amendements, qui ont déjà été approuvés par la Cour constitutionnelle, doivent notamment étendre le mandat présidentiel à sept ans, contre cinq actuellement, et créer des postes de Premier vice-président et de vice-président

Des groupes d'opposition avaient organisé des actions de protestation avant le référendum, dénonçant les tentatives du président Aliev de conserver la mainmise de sa famille sur cette ancienne république soviétique du Caucase riche en pétrole.

Les amendements proposés bouleverseraient profondément l'équilibre des pouvoirs en donnant des pouvoirs "sans précédent" à Ilham Aliev, s'est inquiétée avant le vote la Commission de Venise, l'organe consultatif d'experts constitutionnalistes du Conseil de l'Europe.

"Ces changements constitutionnels sont destinés à renforcer la concentration des pouvoirs dans les mains d'une seule famille", a regretté auprès de l'AFP Isa Gambar, dirigeant du mouvement d'opposition Musavat.

Les amendements suppriment ainsi la barrière d'un âge minimum de 35 ans requis pour pouvoir se présenter à la présidentielle, ouvrant potentiellement la voie au fils d'Ilham Aliev, Haïdar, pour prendre la succession de son père.

Amnesty International a pour sa part estimé que les amendements conduiraient à "des violations de la liberté d'association" et dénoncé "les arrestations et l'intimidation" ayant accompagné la campagne en vue du référendum.

Si le oui l'emporte, le Premier vice-président deviendra le deuxième poste le plus important de l'Etat à la place du Premier ministre. Le président pourra aussi convoquer à sa convenance des élections anticipées.

Dans les bureaux de vote de Bakou, la capitale, beaucoup d'électeurs ont déclaré à l'AFP leur soutien à cette révision de la Constitution, mettant au crédit d'Ilham Aliev la stabilité politique de leur pays.

"J'ai voté en faveur des amendements constitutionnels parce qu'ils sont proposés par notre président. J'ai confiance en lui et je pense que ce qu'il propose est bon pour l'Azerbaïdjan", a déclaré Lala Khalilova, une institutrice de 46 ans.

"Il n'y a pas eu de débats. Cela sert uniquement à étendre le règne d'Aliev. J'ai voté contre, il n'y a pas de leader à vie dans les pays démocratiques", a toutefois déclaré Oussif Assadov, un vendeur de 39 ans.

Le président Ilham Aliev, 54 ans, dirige d'une main de fer l'Azerbaïdjan depuis la mort en 2003 de son père Haïdar, lui-même ayant été à la tête du pays à partir de 1993.

Il peut se présenter pour un nombre illimité de mandats depuis qu'un référendum contesté a supprimé la limite de deux mandats consécutifs en 2009.

Les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le régime d'Ilham Aliev, toute contestation provoquant aussitôt selon elles une réaction sévère des autorités.

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