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26/09/2016 09:11 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Référendum: Dodik, chef des Serbes de Bosnie, convoqué par la justice

Le patron des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a été convoqué par la justice centrale bosnienne, pour avoir organisé un référendum sur le maintien d'une "fête nationale" serbe malgré le veto de la Cour constitutionnelle, a appris lundi l'AFP de source judiciaire.

La violation des décisions de la Cour constitutionnelle est passible de six mois à cinq ans de prison.

Dimanche, la quasi-totalité des Serbes de Bosnie ayant pris part à ce scrutin (99,8%) ont, selon les résultats définitifs lundi, voté pour continuer à fêter leur "fête nationale" le 9 janvier, qui correspond à la fondation d'une "République du peuple serbe", trois mois avant le conflit intercommunautaire de 1992-95.

Le chef de la Republika Srpska, "Milorad Dodik a été convoqué pour être entendu par le parquet en tant que suspect", a déclaré à l'AFP le porte-parole du parquet fédéral de Sarajevo, Boris Grubesic, qui n'a pas donné de date.

Milorad Dodik n'avait pas réagi lundi dans la soirée à sa convocation. Par le passé, il a plusieurs fois remis en cause la légalité de la justice fédérale du pays, qui est chargée notamment des dossiers de crimes de guerre et de crime organisé. Il semble peu probable qu'il réponde à cette convocation.

La Cour constitutionnelle avait interdit la tenue de ce référendum mais Milorad Dodik, encouragé par Moscou, est passé outre, illustrant l'affaiblissement des institutions centrales bosniennes, censées unir les deux entités du pays, la fédération croato-bosniaque et la "Republika Srpska".

Ce référendum est un nouveau coup porté aux fragiles institutions fédérales nées de l'accord de paix de Dayton (Etats-Unis), qui ne tiennent depuis que par la volonté de la communauté internationale.

Dans un communiqué, l'ambassade des Etats-Unis a semblé appeler de ses voeux une action judiciaire: "L'action contre la décision de la Cour constitutionnelle représente une violation fragrante de l'Etat de droit et nous comptons sur les institutions compétentes pour faire face à cette violation".

Une semaine avant la tenue du référendum, Washington avait appelé les Serbes de Bosnie à y renoncer prévenant qu'il conduirait la Republika Srpska vers "l'isolement et l'incertitude".

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