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26/09/2016 04:42 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Les bombes pleuvent sur les quartiers est d'Alep

Pour une quatrième nuit consécutive, les aviations russe et syrienne ont soumis les quelque 250 000 résidents des quartiers est d'Alep à un déluge de feu, contribuant à dégrader une situation déjà dramatique.

Ces attaques d'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle offensive lancée jeudi par le régime de Bachar Al-Assad pour reprendre la moitié de cette ville qu'il ne contrôle plus depuis 2012. Les attaques ont repris après une trêve qui s'est effondrée après quelques jours à peine.

« La situation reste la même. Tout particulièrement la nuit, les bombardements s'intensifient », résume Bebars Michal, membre des services de défense civile de la partie insurgée de cette ville, autrefois considérée comme le poumon économique du pays.

Selon l'UNICEF, les résidents des quartiers est d'Alep, déjà privés d'aide extérieure depuis deux mois et demi, sont de nouveau privés d'eau depuis samedi à cause de ces bombardements intensifs.

« Nous avons supporté les bombardements ces dernières années et n'avons pas quitté Alep. Mais maintenant, il n'y a ni pain ni eau potable, rien dans les marchés. La situation empire de jour en jour », confirme un résident du quartier de Ferdous, Hassan Yassine.

Ce père de quatre enfants a décidé de quitter un appartement au 3e étage qu'il occupait avec sa famille pour se réfugier dans un magasin au rez-de-chaussée afin de tenter d'échapper aux raids menés sur son quartier de Ferdous.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 237 personnes, des civils pour la plupart, ont perdu la vie depuis lundi dernier dans des bombardements aériens touchant Alep et les zones environnantes. Cela inclut 38 enfants. 70 % des morts sont enregistrés dans l'est de la ville.

Ce bilan pourrait s'avérer être plus élevé en raison de la destruction d'immeubles entiers provoquée par l'utilisation de bombes puissantes capables d'atteindre jusqu'aux sous-sols de certains immeubles, où les habitants se réfugient malgré tout.

Les hôpitaux encore en état de fonctionner « font face à une très forte pression en raison du nombre élevé de blessés et du manque de sang disponible lié en partie à l'absence de chirurgiens spécialisés dans les transfusions », affirme une source médicale à l'AFP. « De ce fait, les blessés les plus sérieux sont immédiatement amputés. »

« Les patients sont allongés sur le sol [...] et les équipes médicales épuisées travaillent à la limite de la résistance humaine », relate le Dr Abou Rajab, de l'ONG Save the Chidren. Selon lui, près de la moitié des patients dans les hôpitaux sont des enfants.

Dans la rue, le coût des produits grimpe de jour en jour. Selon un correspondant de l'AFP, le prix de sept portions de pain arabe a augmenté de 350 à 500 livres syriennes [de 70 ¢ à 1 $ US] depuis la semaine dernière. Des produits de base, comme le sucre, sont devenus introuvables.

Depuis vendredi, les associations caritatives ont en outre arrêté la distribution de repas à base de riz ou de lentilles de peur des bombardements. L'un d'eux a frappé une file d'habitants attendant d'être servis, selon le correspondant de l'AFP.