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26/09/2016 14:42 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

La paix en Colombie : "la fin d'un cauchemar" pour Ingrid Betancourt

Ingrid Betancourt, ex-otage de la guérilla des Farc, a exprimé un "très grand soulagement, comme la fin d'un cauchemar" en Colombie et estimé que la signature de l'accord de paix lundi à Carthagène des Indes "est un moment extraordinaire".

"Je sens un très grand soulagement, comme la fin d'un cauchemar. Heureusement c'est fini !", a déclaré Mme Betancourt par téléphone à l'AFP, alors qu'elle s'apprêtait à regarder via internet la cérémonie de signature de cet accord qui met fin à 52 ans de guerre avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

"Il n'y a pas d'euphorie, a-t-elle cependant ajouté, car il y a une grande fatigue. Cela a été long ! Mais il y a aussi le sentiment que la tâche a été accomplie, que ce qui devait être fait a été fait."

L'ex-otage a "beaucoup réfléchi" mais finalement renoncé à venir en Colombie pour assister à la signature de ce texte longuement négocié de 297 pages. "Il y a encore beaucoup d'émotions contradictoires (...) de douleurs", a-t-elle expliqué. "Je ne voulais pas contaminer le bonheur des autres", a-t-elle ajouté, en précisant qu'elle suivait la cérémonie par internet grâce à un lien communiqué par les consulats colombiens à l'étranger.

Ingrid Betancourt, 54 ans, était candidate présidentielle du parti écologiste colombien lors de son enlèvement en 2002. Elle est restée six ans aux mains des Farc avant sa libération, avec 14 autres otages, lors d'une opération menée par l'armée. Elle vit aujourd'hui entre Oxford, où elle prépare un doctorat en théologie, Paris et les Etats-Unis, où vit son fils.

Le complexe conflit armé colombien a fait plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés. Au fil des décennies, il a impliqué plusieurs guérillas d'extrême gauche, dont les Farc et l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste et encore active), des paramilitaires d'extrême droite et l'armée.

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