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26/09/2016 08:16 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Iran: libération d'une Irano-canadienne accusée de "délits sécuritaires"

Une anthropologue irano-canadienne arrêtée et emprisonnée en juin en Iran pour "délits sécuritaires", a été libérée et a quitté le pays, a annoncé lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle Irna.

Cette femme de 65 ans, Homa Hoodfar, également accusée d'"activités féministes", a été libérée pour "raisons humanitaires", selon le porte-parole, Bahram Qasemi.

Il a précisé que Mme Hoodfar avait transité par le sultanat d'Oman avant de partir pour le Canada.

Le site de la télévision d'Etat iranienne avait affirmé que Mme Hoodfar était fondatrice et membre de la Fondation WLUML (Femmes sous lois musulmanes) dont le siège se trouve à Londres.

Au Canada, le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un communiqué que les Canadiens "étaient soulagés de constater que Mme Hoodfar a été libérée et qu'elle retrouvera bientôt sa famille, ses amis et ses collègues".

"Le gouvernement du Canada s'est impliqué de façon active et constructive aux plus hauts niveaux (...) depuis le début de cette dure épreuve", a-t-il ajouté.

M. Trudeau a expliqué qu'en l'absence de représentation diplomatique canadienne en Iran, "le Canada a travaillé en étroite coopération avec d'autres pays, notamment Oman, l'Italie et la Suisse, qui ont joué un rôle déterminant" pour obtenir cette libération.

Il a également souligné "la coopération de représentants des autorités iraniennes qui ont facilité sa libération et son rapatriement. Ils comprennent que les cas comme celui-ci nuisent à l'établissement de relations plus productives".

A Oman, le ministère des Affaires étrangères a indiqué avoir joué un rôle de médiateur "à la demande du gouvernement canadien", selon l'agence de presse officielle Ona.

Le ministère précise qu'elle a été transférée lundi de Téhéran à Mascate à bord d'un avion de l'armée de l'air d'Oman, "ouvrant la voie à son retour au Canada".

Plusieurs personnes ayant la double-nationalité - non reconnue en Iran - sont emprisonnées dans ce pays.

Parmi eux, l'homme d'affaires irano-américain Siamak Namazi, placé en détention en octobre 2015, selon sa famille, tandis que son père âgé de 80 ans est détenu depuis fin février 2016. Washington demande régulièrement leur libération.

L'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, accusée d'avoir participé au "mouvement de sédition" de 2009 après l'élection controversée de l'ex-président conservateur Mahmoud Ahmadinejad selon un responsable judiciaire iranien, a été condamnée à cinq ans de prison en Iran, avait annoncé le 9 septembre son mari Richard Ratcliffe. Une condamnation non confirmée officiellement à Téhéran.

Elle avait été arrêtée le 3 avril à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle s'apprêtait à rentrer au Royaume-Uni avec sa fille, alors âgée de 22 mois, après une visite à sa famille en Iran.

Par ailleurs, Nezar Zaka, un Libanais résidant au Etats-Unis a été arrêté à Téhéran fin 2015, et emprisonné depuis. La télévision d'Etat avait affirmé qu'il avait de "nombreux liens profonds avec la communauté militaire et du renseignement des Etats-Unis".

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