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26/09/2016 02:38 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Grèce: accroc dans la réforme du paysage audiovisuel avec le retrait d'un prétendant à une chaine TV

La réforme du paysage audiovisuel menée par le gouvernement grec et fortement contestée par l'opposition a rencontré lundi un premier accroc, avec le retrait d'un homme d'affaires auquel avait été adjugée l'une des quatre licences télévisées nationales.

Considéré comme proche de l'équipe gouvernementale de gauche radicale d'Alexis Tsipras, Yannis Kalogritsas a annoncé qu'il renonçait à la licence qu'il avait remportée le 2 septembre à l'issue d'une mise aux enchères.

Le gouvernement venait de lui refuser le délai qu'il avait demandé pour verser la première tranche de 18 millions d'euros prévue par la procédure. Les trois autres adjudicataires ont eux versé en temps voulu les montants prévus.

Accusé depuis des semaines par l'opposition et les médias hostiles au gouvernement d'avoir bénéficié des faveurs gouvernementales, sans remplir les conditions financières et fiscales requises, M. Kalogritsas a invoqué le "cannibalisme" de ses rivaux et de l'opposition dans un communiqué.

Ce rejeton d'une influente famille d'entrepreneurs en travaux publics a imputé à cette campagne contre lui le refus des banques de le soutenir.

Au terme de la procédure retenue par le gouvernement, sa licence doit être confiée à l'enchérisseur suivant, Ivan Savvidis, un homme d'affaires russo-grec de 57 ans, qui détient notamment le PAOK de Thessalonique, un des clubs phares du football grec.

Censée mettre fin aux relations troubles entretenues depuis des décennies entre médias, personnel politique et banques -- que les Grecs désignent sous le nom de "diaploki" -- la réforme audiovisuelle voulue par Alexis Tsipras déchaîne depuis des semaines les passions politiques dans le pays.

Face à une opposition de droite vent debout, qui l'accuse de vouloir mettre en place sa propre "diaploki", le gouvernement se targue d'avoir assaini le secteur, et fait pour la première fois payer les chaînes privées pour émettre.

La procédure d'attribution des licences, d'une durée de 10 ans, a dégagé quelque 240 millions d'euros.

Seules deux des actuelles huit chaînes privées, Skaï et Ant1 ont réussi à rester dans le jeu, au prix de centaines de licenciements attendus de la part des télés déboutées, vouées à fermer.

Leurs propriétaires respectifs, deux armateurs marqués à droite, ont été rejoints par un collègue, Evangelos Marinakis, également influent propriétaire à 47 ans du club de foot du Pirée, Olympiakos, et mis en cause dans une affaire de matchs truqués, qui a donc reçu la troisième licence.

cb/od/pt