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26/09/2016 10:12 EDT | Actualisé 27/09/2017 01:12 EDT

Boris Johnson conciliant en Turquie après avoir été véhément au moment du Brexit

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a assuré lundi la Turquie de son "soutien", au cours de sa première visite dans ce pays, quelques mois après avoir fait de son opposition à son adhésion à l'UE l'un des piliers de sa campagne pour le Brexit.

"L'Europe sait combien la Turquie est cruciale pour notre avenir et, de toute évidence, nous vous soutiendrons. Nous comprenons le rôle vital que doit jouer la Turquie et je la soutiens", a déclaré Boris Johnson, après avoir loué "la générosité" du président turc Recep Tayyip Erdogan à l'égard des réfugiés, dans des déclarations à la presse lundi soir.

Dans la matinée, le chef de la diplomatie britannique s'était rendu sur un site où sont garés les camions d'aide humanitaire de l'ONU dans la région de Gaziantep, frontalière de la Syrie, avant d'aller visiter un camp de réfugiés syriens dans la localité de Nizip, selon l'agence de presse Dogan.

La Turquie, opposée au régime de Bachar al-Assad, accueille sur son sol près de trois millions de personnes qui ont fui la guerre civile.

"Nous allons rester à vos côtés", a poursuivi M. Johnson.

C'est la première fois qu'un ministre britannique se rend en Turquie depuis le putsch avorté du 15 juillet, à la suite duquel le chef de l'Etat turc avait exprimé son sentiment d'avoir été peu soutenu par ses homologues occidentaux.

M. Johnson doit rencontrer à Ankara le président Erdogan, son Premier ministre Binali Yildirim et se rendre au Parlement turc qui a été endommagé par des frappes aériennes la nuit de la tentative de coup d'Etat, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Plus de trois mois après le vote en faveur de la sortie de l'UE de la Grande-Bretagne en juin, la visite de Boris Johnson est inédite aussi pour le chantre du Brexit qui a répété à de multiples reprises son opposition à toute adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Les partisans du Brexit avaient notamment été à l'origine d'une affiche affirmant que la "Turquie (et sa population de 76 millions d'habitants) est en train de rejoindre l'UE", plaçant ainsi l'immigration au centre de la campagne.

Sur un ton résolument plus conciliant, M. Johnson a jugé bon de faire publiquement savoir à Ankara qu'il était "le fier propriétaire" d'une machine à laver de fabrication turque.

"Nous avons de la chance au Royaume-Uni d'être parmi les principaux importateurs de produits turcs (...) et je suis le fier propriétaire d'une jolie machine à laver turque qui fonctionne très bien", a-t-il déclaré, le plus sérieusement du monde, à l'issue d'un entretien avec le ministre turc des Affaires européennes Omer Celik.

M. Johnson, dont l'arrière grand-père était un journaliste et homme politique turc dans les années 1900, avait par ailleurs remporté, en mai, un "concours de poèmes insultants" envers le président turc, organisé par un journal britannique.

Les relations entre la Turquie et l'UE se sont tendues ces derniers mois et la demande d'adhésion de ce pays s'est heurtée aux inquiétudes grandissantes des Etats membres quant aux dérives autoritaires du régime du président Erdogan en matière de liberté de la presse et de droits de l'Homme.

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