NOUVELLES
26/09/2016 00:22 EDT | Actualisé 26/09/2017 01:12 EDT

Boris Johnson, chantre du Brexit, en visite en Turquie

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a entamé lundi sa première visite en Turquie, quelques mois après avoir fait de son opposition à l'adhésion de ce pays à l'UE l'un des piliers de sa campagne du Brexit.

M. Johnson va "rencontrer ses homologues turcs et des groupes de l'opposition syrienne au cours de sa visite", a indiqué une porte-parole de l'ambassade britannique.

Il doit également rencontrer à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdogan, son Premier ministre Binali Yildirim et se rendre au Parlement turc qui a été endommagé par des frappes aériennes la nuit de la tentative de coup d'Etat le 15 juillet, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Une rencontre entre M. Johnson et son homologue turc Mevlut Cavusoglu doit se tenir mardi, a ajouté la même source.

C'est la première fois qu'un ministre britannique se rend en Turquie après le putsch avorté, à la suite duquel le président turc avait exprimé son sentiment d'avoir été peu soutenu par ses homologues occidentaux.

Plus de trois mois après le vote en faveur de la sortie de l'UE de la Grande-Bretagne en juin, la visite est également inédite pour le chantre du Brexit qui a répété à de multiples reprises son opposition à toute adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Les pro-Brexit avaient notamment publié une affiche affirmant que la "Turquie (et sa population de 76 millions d'habitants) est en train de rejoindre l'UE", plaçant ainsi l'immigration au centre de la campagne.

M. Johnson, dont l'arrière grand-père était un journaliste et homme politique turc dans les années 1900, avait également remporté, en mai, un "concours de poèmes insultants" envers le président turc, organisé par un journal britannique.

Après sa nomination au poste de ministre des Affaires étrangères, des responsables turcs avaient expliqué que les déclarations de Boris Johnson ne porteraient pas atteinte aux liens entre les deux pays.

Les relations entre la Turquie et l'UE se sont tendues ces derniers mois, et la demande d'adhésion d'Ankara s'est heurtée aux inquiétudes grandissantes des Etats membres quant aux dérives autoritaires du régime du président Erdogan en matière de liberté de la presse et de droits de l'Homme.

La visite survient par ailleurs après que l'ambassade britannique à Ankara a annoncé sa fermeture au public pour la journée du vendredi 17 septembre pour "des raisons de sécurité".

fo-bat/ezz/pt