BIEN-ÊTRE
23/09/2016 09:19 EDT | Actualisé 23/09/2016 09:19 EDT

Les algues, est-ce si bon que ça?

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Nori with rice

On dit des algues qu’elles sont une excellente source végétale de protéine, gorgées de vitamines et minéraux et nettement plus riches en calcium que le lait. Pourtant, quand on fouille un peu, il faudrait en manger bien plus que quelques feuilles de nori autour de nos sushis pour profiter de ses atouts nutritionnels.

On se calme!

Premièrement, il faut arrêter d’évaluer la teneur en protéines des aliments sous forme de pourcentage. Cela fonctionne bien avec la viande, puisque 100 g de viande cuite est une portion de consommation plutôt normale. Mais en ce qui a trait aux algues et à plusieurs autres végétaux, cela équivaut souvent à des portions bien au-delà de ce que nous avons l’habitude de manger. Selon le fichier canadien sur les éléments nutritifs de Santé Canada, les algues contiennent grosso modo 35% de protéines. Sous cet angle, ça ressemble au bœuf. Par contre, 100 g d’algues séchées équivaut à 1,5 L. Ça fait beaucoup d’algues à manger d’un coup pour faire le plein de protéines. Alors que dans une tasse de varech (kelp en anglais) crue, comme les salades d’algues dans les restaurants de sushis, il y a à peine 1,5 g de protéines. Il n’y a pas de quoi troquer vos légumineuses pour de la laitue marine. Le scénario est semblable du côté des vitamines et minéraux. Certes, 100 g d’algues séchées contient environ 400 mg de calcium. C’est légèrement plus élevé que dans un verre de lait. Encore une fois, il faudrait se gaver d’algues pour obtenir le même apport en calcium qu’en buvant un simple verre de lait.

Les réels avantages nutritionnels des algues proviennent surtout de leur teneur en iode, en folates et en fer.

L’impact environnemental

Comme les arbres, les plantes et les fleurs qui nous entourent, les algues contribuent énormément au maintien de l’écosystème marin. Mais contrairement aux végétaux poussant sur terre, les algues n’ont évidemment pas besoin d’être arrosées et elles poussent amplement sans fertilisant. De plus, elles n’occupent pas d’espace sur les terres agricoles qui se font de plus en plus rares dans plusieurs endroits dans le monde.

De plus, les algues absorbent non seulement l’azote, mais aussi le CO2 de manière plus efficace que les arbres. Si bien que Dana Goodyear du magazine américain The New Yorker décrit le varech comme l’équivalent alimentaire des voitures électriques. Or, dans un contexte où la plupart des techniques de pêche et d’agriculture vont pratiquement contre nature, la production d’algues pour la consommation humaine prend tout son sens.

En somme, la leçon à retenir est que les algues sont un légume marin fort intéressant d’un point de vue d’agriculture durable. Et comme tous bons légumes, elles sont plus que les bienvenues dans notre assiette. Mais, il ne faudrait tout de même pas s’attendre à ce qu’elles comblent tous vos besoins nutritionnels en une seule bouchée.

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