NOUVELLES
21/09/2016 18:43 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

USA: un manifestant tué par balle à Charlotte, lors de violences "entre civils"

Un manifestant a été tué par balle lors de violences "entre civils" dans la ville américaine de Charlotte mercredi, au deuxième soir de protestations organisées après la mort d'un homme noir, abattu par un policier.

"Le tir fatal (à un manifestant) est survenu lors d'une confrontation entre civils", a expliqué la municipalité de cette ville du Sud-Est des Etats-Unis sur son compte Twitter, ajoutant que la police "n'a pas ouvert le feu".

La maire de la ville Jennifer Roberts a elle-même assuré sur CNN que le tireur "n'est pas un policier".

Tout avait commencé en début de soirée quand un nouveau rassemblement pacifique, organisé contre les abus policiers, s'est rapidement tendu. Les quelques centaines de manifestants ont commencé par briser des vitres et lancer des projectiles contre les forces de l'ordre. Ces dernières ont alors utilisé du gaz lacrymogène pour disperser la foule, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.

Les manifestants sont convaincus que Keith Lamont Scott, un homme noir de 43 ans, a été victime mardi d'une bavure flagrante.

Selon la police, M. Scott a été mortellement blessé par balle alors qu'il refusait de lâcher son arme de poing. Ses proches affirment au contraire qu'il n'avait qu'un livre en main.

Sur les lieux du drame se sont rassemblés mercredi des responsables religieux, des militants associatifs et des voisins.

L'arme "est un mensonge", assurait à l'AFP Taheshia Williams, une résidente du quartier, dont la fille étudie dans la même école que l'un des enfants de Scott.

"Ils ont enlevé le livre et l'ont remplacé par une arme. Cet homme était assis ici tous les jours, à attendre que son fils descende de l'autobus", ajoutait-elle.

La mort de Keith Lamont Scott, dans un contexte de récents faits similaires dans d'autres villes américaines, a poussé des habitants à protester mardi. Mais la manifestation d'abord pacifique a dégénéré et 16 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon la police, ainsi qu'un nombre indéterminé de manifestants selon la presse locale.

- Abattu sous l'oeil des caméras -

Brentley Vinson, l'agent lui-même noir qui a abattu la victime, a été suspendu en attendant les résultats d'une enquête administrative. Il faisait partie d'un groupe de policiers mandatés pour arrêter un suspect.

Keith Lamont Scott, qui n'était pas la personne recherchée, était dans une voiture sur un parking d'immeuble. Les agents lui ont ordonné à plusieurs reprises de lâcher son arme, selon la police.

"En dépit de ces sommations orales, il est sorti de son véhicule une arme à la main", a relaté le chef de la police.

La maire de Charlotte, Jennifer Roberts, a appelé les habitants de la ville au calme et promis "une enquête complète".

Les tensions raciales ont été ravivées aux Etats-Unis depuis deux ans par une succession de bavures et violences policières, souvent envers des hommes noirs non armés.

Encore cette semaine, la justice a ouvert une enquête après qu'un Noir non armé a été abattu par une policière blanche dans l'Oklahoma (sud), sous l'oeil des caméras de police.

Sur les vidéos on peut distinctement voir un homme, Terence Crutcher, tenu en joue par les policiers, marcher jusqu'à son véhicule alors qu'il garde les mains en l'air.

M. Crutcher, qualifié de "sale type" par un policier à bord d'un hélicoptère, semble approcher ses mains de sa voiture. Il est alors abattu.

Barack Obama a appelé mercredi les maires de Charlottte et de Tulsa. "Tant le président que les deux maires ont répété que les manifestations devaient être pacifiques et que les forces de police locales devaient trouver le moyen de les gérer de manière calme et productive", a rapporté un porte-parole de la Maison Blanche.

"Nous avons deux noms supplémentaires à ajouter à la longue liste d'Afro-Américains tués par des policiers. C'est insupportable et cela doit devenir intolérable", a déclaré depuis la Floride la démocrate Hillary Clinton.

Ces violences sont "dramatiques", a tweeté de son côté le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump, promettant de "faire à nouveau de l'Amérique un pays sûr".

mlm-seb/bdx/juf/gde