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21/09/2016 07:32 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Syrie: à l'ONU, Kerry demande à Moscou de clouer au sol l'aviation syrienne

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a demandé solennellement mercredi à la Russie, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la Syrie, de faire en sorte que l'aviation syrienne soit clouée au sol pour ne plus bombarder l'opposition et les civils.

En présence de son homologue russe Sergueï Lavrov, John Kerry a réclamé avec force la remise sur les rails de l'accord américano-russe du 9 septembre à Genève, notamment le rétablissement du cessez-le-feu qui a volé en éclats lundi et "l'interdiction de voler" pour les aéronefs des forces armées du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Dans un long et solennel plaidoyer pour une réduction des violences en Syrie, le chef de la diplomatie américaine a souligné que "pour rétablir la crédibilité du processus nous devons tenter de clouer au sol immédiatement tous les aéronefs qui volent" dans les zones de conflit, autour de la ville martyre d'Alep (nord de la Syrie), épicentre de la guerre.

Estimant une nouvelle fois que seuls Moscou et Damas pouvaient en être responsables, John Kerry a condamné avec la plus grande force les frappes de lundi contre un convoi humanitaire et le raid de mardi soir contre deux ambulances: des "violations flagrantes du droit international", a-t-il tonné.

Moscou et son protégé, Damas, ont nié toute responsabilité dans ces bombardements.

"Nous n'avons pas d'autre choix (...) que d'aller rapidement vers (...) la mise en oeuvre maintenant du cessez-le-feu", a lancé le secrétaire d'Etat qui avait signé l'accord de Genève avec M. Lavrov.

Le texte prévoyait sept jours de trêve à compter du 12 septembre, l'acheminement de l'aide humanitaire, une zone de facto d'interdiction de survol aérien pour l'armée syrienne et une coopération militaire russo-américaine contre les jihadistes.

"C'est un moment de vérité pour la Russie", a averti John Kerry.

Son homologue russe Serguei Lavrov a une nouvelle fois nié toute responsabilité de son pays dans les attaques contre les humanitaires en Syrie.

Il n'a pas fermé la porte à un rétablissement de la trêve mais il a affirmé qu'il "ne pouvait plus y avoir de pause unilatérale" dans les combats de la part de l'armée syrienne.

Les précédentes trêves unilatérales ont selon lui surtout permis aux groupes rebelles de se regrouper pour se réarmer et renforcer leurs positions.

Il a réitéré la demande de Moscou de "revoir la liste des organisations terroristes" qui seraient exclues d'un cessez-le-feu.

"Si nous pouvons nous mettre d'accord sur cette approche globale, une cessation des hostilités aura de meilleures chances de survivre et de réussir", a-t-il conclu.

Mais la diplomatie restait mercredi impuissante sur le conflit syrien.

De violents bombardements secouaient mercredi Alep, tandis qu'une relance de la trêve est empoisonnée par les désaccords entre Russes et Américains.

"Tout peut basculer d'un côté comme de l'autre", a prévenu le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devant le Conseil de sécurité, réuni pour cette session de crise sur la Syrie après l'échec de l'accord Kerry-Lavrov de Genève.

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