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21/09/2016 12:19 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Pérou : l'ex-président Fujimori hospitalisé retourne en prison

Après une nouvelle hospitalisation de 48 heures, l'ancien président péruvien Alberto Fujimori (1990-2000), emprisonné pour corruption et crime contre l'humanité, est retourné derrière les barreaux où il purge une peine de 25 ans, a déclaré mercredi à l'AFP son médecin.

"Oui, il y est retourné. Il a demandé à poursuivre son traitement au sein de la Diroes (Direction des opération spéciales de la police)", par laquelle il est détenu, a dit le Dr Alejandro Aguinaga.

Celui-ci a expliqué que l'ex-homme fort du Pérou avait subi "une endoscopie digestive au cours de laquelle une gastrite hémorragique a été détectée. Il a en outre été traité pour un problème inflammatoire au niveau de la bouche et de l'hypertension".

"Il est dans un état stable. Si ce n'avait pas été le cas, on ne l'aurait pas laissé sortir", a ajouté le médecin.

Alberto Fujimori, 78 ans, a quitté mardi soir sous escorte policière la clinique où il avait été admis dimanche.

L'ancien chef de l'Etat, qui avait déjà été hospitalisé en janvier, mars puis juin pour divers problèmes de santé, a été transféré à plusieurs reprises ces dernières années de sa prison vers une clinique pour y subir des examens.

L'état de santé d'Alberto Fujimori, qui a été opéré cinq fois d'un cancer de la langue, a conduit en 2013 ses quatre enfants à demander sa grâce au président d'alors Ollanta Humala, qui l'avait rejetée.

Cette nouvelle hospitalisation est survenue quelques mois après la défaite de sa fille Keiko à l'élection présidentielle du 5 juin face au candidat de centre droit Pedro Pablo Kuczynski.

En 2009, Alberto Fujimori avait été condamné à 25 ans de prison pour avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992 et au cours desquels 25 personnes avaient été assassinées, dont un enfant, dans le cadre de la lutte contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux.

Arrivé au pouvoir en 1990, il avait fui le Pérou pour le Japon, pays natal de ses parents, sur fond d'énorme scandale de corruption, pour démissionner par fax d'un hôtel de Tokyo à la fin 2000.

M. Fujimori ayant obtenu la nationalité japonaise, Lima a passé des années à tenter de convaincre Tokyo de l'extrader, en vain. Après une longue bataille juridique, c'est finalement le Chili, où il s'était rendu en 2005, qui avait extradé M. Fujimori en septembre 2007

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