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21/09/2016 08:15 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Les exportations de pétrole reprennent en Libye

Un tanker a quitté mercredi le principal port pétrolier de Libye, début d'une reprise graduelle des exportations d'or noir dont ce pays divisé a grandement besoin pour relever son économie sinistrée.

Le "Seadelta" est parti du port pétrolier de Ras Lanouf (nord-est) pour l'Italie avec 776.000 barils de pétrole libyen à son bord alors que le "Syra" devait y charger mercredi 580.000 autres barils et mettre ensuite le cap sur l'Espagne.

Il s'agit du "premier tanker à quitter Ras Lanouf depuis novembre 2014", a déclaré à l'AFP Omran el-Fitouri, le coordinateur des exportations de ce port pétrolier, le plus important de Libye.

Fin 2014, des combats avaient en effet éclaté pour le contrôle des terminaux du "Croissant pétrolier" et aucune goutte de pétrole n'avait depuis pu sortir de Ras Lanouf.

Quelques livraisons sporadiques avaient toutefois eu lieu ces derniers mois depuis cette zone, qui est au coeur de luttes de pouvoir dans un pays qui dispose des plus grosses réserves pétrolières d'Afrique et où les exportations de brut représentent la principale ressource économique.

Il s'agit aussi de la première cargaison de pétrole à quitter les installations du Croissant pétrolier depuis que les forces fidèles au maréchal Khalifa Haftar s'en sont emparées la semaine dernière et en ont remis l'exploitation à la Compagnie nationale du pétrole(NOC).

Ces militaires soutiennent les autorités libyennes basées dans l'est du pays, qui sont hostiles au gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et installé à Tripoli.

Basée dans la capitale, la Compagnie nationale du pétrole a indiqué récemment qu'elle restait loyale au GNA mais qu'elle appliquait les instructions du Parlement élu, basé dans l'est, concernant la gestion des infrastructures du Croissant pétrolier, qui comprend aussi les terminaux d'al-Sedra, de Brega (qui fonctionne sporadiquement) et de Zoueitina (fermé).

Les recettes tirées de ces exportations pétrolières doivent être versées à la Banque centrale, placée sous l'autorité du GNA, disait récemment à l'AFP l'émissaire américain en Libye, Jonathan Winer.

- 'Portées très positives' -

Par l'intermédiaire d'un de ses vice-Premiers ministres désignés, le gouvernement d'union a favorablement accueilli la reprise des exportations pétrolières libyennes.

Elle ne peut avoir "que des portées très positives pour les citoyens et l'économie de la Libye", s'est félicité Ahmed Meitig, dans un enregistrement audio mis en ligne par le GNA sur Facebook après un entretien à Tripoli avec Mustafa Sanallah, le patron de la NOC.

"La production pétrolière et le rétablissement des niveaux de production sont indispensables pour la stabilité des taux de change et de l'économie", a dit Meitig, qui a félicité la Compagnie nationale du pétrole pour son "professionnalisme".

Cinq ans après la révolte populaire qui a renversé le dictateur Mouammar Kadhafi, la Libye est toujours en proie au chaos et son secteur pétrolier -autrefois florissant- est exsangue, affecté par les rivalités politiques et des attaques du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

A cause de l'instabilité politique et de l'insécurité, les Libyens ne peuvent plus compter sur la manne pétrolière, la production de brut ayant été divisée par cinq depuis 2010.

Le patron de la NOC a toutefois affirmé mercredi que sa compagnie avait pu augmenter la production de 100.000 barils par jour (bj) en moins une semaine, à 390.000 bj, et visait à porter rapidement le niveau de production à 600.000 bj.

Cet objectif nécessite "de l'argent et de la sécurité", a indiqué Mustafa Sanallah, qui a assuré que le gouvernement d'union venait de verser 310 millions de dollars (environ 278 M EUR) à la Compagnie nationale du pétrole pour l'aider dans cette tâche.

Si ses réserves sont estimées à 48,3 milliards de barils de pétrole et 1,5 milliard de m3 de gaz, la Libye est le membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole qui produit le moins.

Elle a un besoin pressant de relancer son secteur des hydrocarbures afin de redresser son économie chancelante.

Dans ce pays qui importe près de 90% de ses besoins en nourriture et équipements, le prix des marchandises de base augmente de jour en jour, les banques sont plongées dans une grave crise de liquidités et le taux des devises au marché parallèle a été multiplié par quatre depuis deux ans.

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