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21/09/2016 10:44 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Le Rafale, appareil crucial pour l'Inde face à la menace chinoise et pakistanaise

L'Inde a donné son feu vert mercredi à l'achat de 36 avions de combat Rafale à Dassault Aviation, la troisième commande à l'exportation pour l'avionneur français après l'Egypte et le Qatar.

Il s'agit d'une bouffée d'oxygène pour l'armée de l'Air indienne qui met en garde depuis des années sur son manque d'équipement pour faire face aux menaces potentielles du Pakistan et de la Chine.

QUELLE EST LA SITUATION DE L'AVIATION INDIENNE ?

L'Inde disposait en 2015 de seulement 35 escadrons de 18 appareils chacun, alors que l'armée de l'Air estime avoir besoin d'au moins 42 escadrons pour protéger ses frontières ouest et nord avec le Pakistan et la Chine.

Cette flotte est composée d'appareils vieillissants et très différents. Elle compte ainsi des appareils russes (Mig 21, Mig 27, Mig 29, des Soukhoi Su-30 MKI), français (Mirage), britanniques (Jaguar) et un premier appareil de fabrication locale, le Tejas.

Le retrait depuis plusieurs années des Mig-21 russes en fin de vie n'est pas compensé assez rapidement par l'arrivée de nouveaux modèles.

"Une réduction (du nombre d'escadrons) est en cours et d'ici 2022, nous en compterons 25. Ce sera alors un match d'égal à égal avec le Pakistan et nous devons également être attentifs à la menace de la Chine", mettaient en garde les représentants de l'armée de l'Air l'an dernier devant la commission de Défense du parlement.

L'Inde et le Pakistan se sont livrés trois guerres depuis la partition de l'Empire britannique en août 1947 et ils se disputent toujours le contrôle de la région himalayenne et stratégique du Cachemire.

L'Inde et la Chine entretiennent des relations crispées avec un différend persistant sur le tracé de leur frontière himalayenne.

L'INDE VA T-ELLE AU-DELÀ DE L'ACHAT DE 36 RAFALE ?

L'Inde était entrée en négociations exclusives avec Dassault en 2012 pour l'achat de 126 avions Rafale avec un important transfert de technologies à la clé mais ce contrat géant n'a pas abouti en raison du surcoût induit par ce transfert.

Après ces 36 premiers appareils, "nous avons l'espoir de continuer après", déclarait le patron de Dassault Aviation, Eric Trappier en avril.

Le ministre de la Défense, Manohar Parrikar, a expliqué fin mai que le gouvernement avait décidé de redimensionner la commande "pour combler a minima les manques après avoir discuté des besoins" avec l'armée de l'Air.

"Le Rafale va permettre à l'armée de l'Air indienne de combler son retard de préparation opérationnelle", souligne Sameer Patil, spécialiste des questions de défense au think tank Gateway House.

"L'Inde espère que l'argent économisé grâce à une commande réduite de Rafale pourra être consacré à une mise à disposition plus rapide et en plus grand nombre du Tejas", ajoute-t-il.

QUELLE EST LA PLACE DU TEJAS, L'AVION DE CHASSE CONÇU EN INDE ?

"Notre Tejas a les mêmes qualités que le Rafale. Bien que le Tejas appartienne à la catégorie des appareils légers avec un rayon d'action de moitié par rapport au Rafale, il n'est pas inférieur au Rafale en termes d'avionique, d'électronique et de puissance de feu", déclarait le ministre indien de la Défense en mai.

Les deux premiers Tejas ont été remis officiellement à l'armée de l'Air indienne (IAF) début juillet. Elle espère intégrer 14 autres Tejas d'ici deux ans dans sa flotte pour remplacer les Mig-21.

Les Tejas, qui ont mis plus de 30 ans à être développés par le groupe public Hindustan Aeronautics, sont présentés comme les avions de chasse les plus légers et petits de leur catégorie.

Ils ont été conçus et fabriqués en Inde, mais certains composants sont importés. Le Tejas est doté d'un turboréacteur de fabrication américaine tandis que le Rafale est équipé d'un double turboréacteur.

L'Inde veut développer un moteur de fabrication locale pour son appareil mais il n'est pas encore prêt. Selon la presse indienne, Safran a proposé d'investir un milliard d'euros dans le développement de ce moteur, le "Kaveri", afin qu'il puisse être opérationnel d'ici 2020 sur le Tejas.

ef/amd/ger

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