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21/09/2016 06:35 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Le Parlement irakien démet le ministre des Finances

Le ministre irakien des Finances, soupçonné de corruption, a été démis de ses fonctions mercredi par le Parlement, qui avait déjà destitué son collègue de la Défense fin août.

Le départ de Hoshyar Zebari, qui a servi dans tous les gouvernements depuis 2003, intervient dans un contexte économique difficile pour l'Irak, frappé de plein fouet par la chute des prix du pétrole et le conflit avec le groupe Etat islamique (EI).

Sur les 249 députés présents, 158 ont voté en faveur du retrait de la confiance à M. Zebari, qui avait pris le portefeuille des Finances en 2014 après avoir longtemps été ministre des Affaires étrangères.

"Le ministre a été démis par un vote à bulletins secrets", alors que les parlementaires votent habituellement publiquement, a indiqué à l'AFP le député Ammar Toma.

M. Zebari a été interrogé en août dans le cadre d'une affaire de corruption présumée et a rejeté toutes les allégations.

Il était le plus haut représentant kurde dans le gouvernement fédéral et servait ainsi de lien entre Bagdad et la région autonome du Kurdistan (nord), dont le chef réclame un référendum sur l'indépendance.

Son départ s'ajoute à celui de plusieurs ministres du gouvernement dirigé par Haider al-Abadi.

Le 25 août, les députés avaient démis le ministre de la Défense, Khalid al-Obeidi, également soupçonné de corruption.

En juillet, son collègue de l'Intérieur, Mohammed al-Ghabban, avait démissionné à la suite d'un attentat qui avait provoqué la mort de plus de 300 personnes à Bagdad.

M. Abadi a annoncé avoir aussi accepté la démission de six autres ministres ces derniers mois.

Aucun remplaçant n'a jusqu'à présent été désigné pour les postes de l'Intérieur, de la Défense et des Finances.

Le Premier ministre tente depuis février de former un nouveau gouvernement formé de technocrates mais fait face à la forte opposition des partis traditionnels, qui craignent de perdre certains de leurs privilèges.

Cette crise politique perdure alors que les forces gouvernementales préparent l'offensive pour la reconquête de Mossoul, dernière grande ville irakienne aux mains des jihadistes de l'EI.

Les forces irakiennes seront techniquement prêtes début octobre à lancer l'offensive sur la deuxième ville d'Irak, a indiqué mercredi le chef d'état major inter-armées américain, le général Joseph Dunford.

Sur le plan économique, Bagdad peine à faire face à ses obligations financières.

Le FMI avait approuvé en juillet une ligne de crédit de 5,3 milliards de dollars en sa faveur en échange de la mise en oeuvre de réformes économiques.

"L'économie irakienne a été durement touchée par le double choc provenant des attaques de l'EI et de la brutale chute des prix du pétrole", avait alors expliqué Min Zhu, un des directeurs adjoints du FMI.

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