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21/09/2016 08:43 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Le Collège des médecins veut tracer la ligne entre médecine et esthétique

MONTRÉAL — Le Collège des médecins veut tracer une ligne claire entre la médecine et l'esthétique afin de mettre un terme aux pratiques qui mettent en danger la santé des clients et patients.

Le rapport du groupe de travail sur la médecine esthétique du Collège, rendu public mercredi à Montréal, révèle en effet une série de pratiques inquiétantes tant de la part de certains professionnels de la santé que de praticiens de l'industrie esthétique qui ne sont pas du domaine de la santé.

Le groupe de travail constate ainsi que des médecins ont émis des ordonnances collectives permettant à des tiers de procéder à des injections sans qu'ils soient spécialisés dans le domaine et que certains médecins ont même vendu de telles ordonnances collectives, ce qui constitue dans les deux cas des accrocs directs à leur code de déontologie.

Le rapport recommande donc de mettre fin aux ordonnances collectives dans le domaine esthétique, que toute personne voulant une injection à des fins esthétiques fasse l'objet d'une évaluation médicale et que ce soit le même médecin qui fasse le premier traitement. De plus, un médecin devra être sur place et disponible pour tous les traitements subséquents faits par des infirmières ou des infirmières auxiliaires.

Le Collège veut également que toute clinique offrant des soins médico-esthétiques désigne un directeur médical responsable de la qualité des soins.

Par ailleurs, le groupe de travail demande au ministre de la Santé d'imposer des normes de désinfection, de stérilisation et d'hygiène aux boutiques de tatouage et que toutes les activités de détatouage au laser ou avec des produits chimiques — qui ont donné lieu à des brûlures sévères dans certains cas médiatisés — soient strictement réservées aux professionnels de la santé qualifiés.

Constatant que l'industrie développe et commercialise de nouveaux produits injectés en les qualifiant de «cosmétiques», le Collège des médecins demande également à Santé Canada d'homologuer tout produit injectable comme étant un médicament.