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21/09/2016 07:28 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

La Turquie reporte la visite de l'expert de l'ONU sur la torture (ONU)

La Turquie a décidé de reporter d'un ou de deux mois la visite du Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Ankara expliquant être "actuellement trop occupé", a déploré mercredi le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

La visite devait avoir lieu du 10 au 14 octobre et la Turquie propose de la reporter à novembre ou décembre, a indiqué le Haut-Commissariat dans un communiqué.

"Bien que je comprenne que les développements en Turquie au cours de ces derniers mois exigent la plus grande attention du gouvernement, je crois que le report de ma visite à ce stade envoie un mauvais message", a déclaré le rapporteur spécial sur la torture, l'Argentin Juan Mendez.

"A la lumière des milliers d'arrestations faites à la suite du coup d'Etat raté du 15 juillet et des allégations de surpopulation et de mauvaises conditions dans de nombreux centres de détention à travers le pays, ma visite est d'une importance capitale", a-t-il ajouté.

D'après Jon Izagirre, du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, la raison invoquée par les autorités turques pour le report de la venue du rapporteur spécial de l'ONU est qu"ils sont actuellement trop occupés pour consacrer suffisamment de temps à la visite".

Le mandat de Juan Mendez s'achève au 31 octobre. Son successeur sera nommé durant l'actuelle session du Conseil des droits de l'Homme, qui s'achève le 30 septembre.

"En raison de la sensibilité de mon mandat il n'y aura jamais un moment parfait pour ma visite", a relevé M. Mendez.

"Un suivi indépendant de la situation dans les lieux où les personnes sont privées de leur liberté est une garantie essentielle contre les mauvais traitements et la torture", a-t-il fait valoir.

En juillet, l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé avoir réuni des "preuves crédibles" de cas de tortures de détenus dans des centres de détention en Turquie après la tentative de coup d'Etat. Ces affirmations avaient été vigoureusement démenties par un haut responsable turc.

Après la tentative du putsch manqué du 15 juillet et attribué par le pouvoir à la confrérie de l'ex-prédicateur Fethullah Gülen, les autorités turques ont lancé une vaste purge dans tous les corps de l'administration, pour se défaire de l'influence des gülenistes et des soutiens aux rebelles kurdes.

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