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21/09/2016 07:25 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

L'étude sur un projet de barrage sur le Nil n'en remettra pas en cause la construction (Ethiopie)

L'étude demandée par l'Egypte et le Soudan sur l'impact écologique du barrage construit par l'Ethiopie sur le Nil, ne saurait remettre en cause la construction de ce barrage controversé, a assuré mercredi le ministre éthiopien de l'Eau, de l'Irrigation et de l'Electricité.

"Cette étude ne peut pas affecter la construction du barrage. La construction se poursuivra", a déclaré Mutuma Mikasa lors d'une conférence de presse à Addis Abeba.

Le ministre éthiopien était de retour de Khartoum où l'Ethiopie, l'Egypte et le Soudan ont officialisé mardi le lancement prochain d'une étude sur l'impact environnemental de ce barrage, surnommé "Grande renaissance".

Cette étude a été confiée à deux entreprises françaises, BRL et Artelia. Elle débutera dans deux mois, pour une durée de 11 mois.

L'Ethiopie construit depuis 2012 un immense barrage hydro-électrique sur le Nil bleu mais, en dépit de onze sessions de négociations depuis cette date, les trois pays n'ont pas réussi à surmonter leurs différends sur la part des eaux de chacun.

L'Egypte, qui tire du Nil environ 90% de son eau et craint que ce barrage n'en affecte le débit, insiste sur ses "droits historiques" sur le fleuve, garantis par des traités datant de 1929 et 1959. Ceux-ci accordent près de 87% du débit du fleuve à l'Egypte et au Soudan.

L'Ethiopie doit inaugurer en 2017 ce barrage, présenté comme le plus grand d'Afrique.

"L'un des points auxquels l'étude devra répondre est le remplissage du réservoir (...) Cette étude est destinée à restaurer la confiance entre les trois pays", a toutefois concédé Mutuma Mikasa.

Une fois terminé, le barrage doit créer un lac-réservoir de plus de 200 km de long. Un remplissage étalé sur plusieurs années doit permettre de limiter les pertes en eaux pour l'Egypte et le Soudan.

Le barrage d'une capacité annoncée de 6.000 mégawatts, soit l'équivalent de six réacteurs nucléaires, doit rendre l'Ethiopie autosuffisante sur le plan énergétique et lui permettre d'exporter de l'électricité vers les pays de la région.

"Cette énergie n'est pas seulement destinée à la consommation locale, mais aussi à l'exportation. Nous sommes en train de nous interconnecter avec le Kenya et la Tanzanie. Nous travaillons avec Djibouti, le Soudan et d'autres. Cela contribue à créer paix et stabilité dans la région", a ajouté le ministre éthiopien.

Le Nil bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l'Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

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