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21/09/2016 03:44 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Grèce: retour à la "normale" dans le camp de réfugiés et migrants de Moria

La situation est redevenue "normale" dans le camp de réfugiés et migrants de Moria à Lesbos, ont assuré mercredi les autorités grecques, mais les conditions des quelque 5.000 résidents qui ont réintégré le camp demeurent difficiles.

"Plus personne ne dort dehors", a affirmé à l'AFP une source du ministère de la Politique migratoire, deux jours après l'incendie qui avait provoqué une fuite désordonnée des réfugiés et migrants dans la nuit de lundi à mardi.

"Nous avons livré une course contre la montre pour remonter des tentes, les gens sont de retour à Moria et la situation est redevenue normale", a affirmé cette même source.

Neuf migrants --des Afghans et des Irakiens, un Sénégalais, un Syrien et un Camerounais-- ont été arrêtés pour leur implication dans les affrontements qui ont éclaté lundi soir dans le camp, menant à l'incendie, selon la police.

Le gouvernement a lancé un appel d'offres pour ancrer à Mytilène un ferry pouvant accueillir un millier de personnes, alors que tant Moria que le second camp de l'île, Kara Tepe, sont débordés, accueillant au total près de 6.000 migrants pour 3.500 places.

Une centaine de mineurs non accompagnés, hébergés à Moria, ont été réinstallés dans le "village Pikpa", un centre autogéré dont la créatrice Efi Latsoudi est cette année co-lauréate du prix Nansen décernée par le Haut commissariat aux Réfugiés (HCR).

Une autre centaine de personnes ont été relogées à Kara Tepe, qui abrite un millier de réfugiés et migrants vulnérables (handicapés, femmes enceintes....).

Mais cette "normalité n'en est pas une, l'incendie n'a rien changé, au contraire, aux conditions de vie très difficiles" à Moria, a mis en garde pour l'AFP Giorgos Kosmopoulos, qui représente Amnesty international à Lesbos.

"Cela n'a aucun sens d'entasser des gens sur les îles dans ces conditions", a-t-il ajouté, alors que les réfugiés et migrants qui se pressent à Lesbos et sur les autres îles d'Egée orientale y sont cloués par l'accord UE-Ankara prévoyant le renvoi en Turquie de tous ceux arrivés après le 20 mars.

"Avec les pluies qui arrivent, les tentes ne sont pas une solution, cela va être encore une fois boue et poubelles", s'agace Mme Latsoudi.

"Il faut que nous puissions quitter ce camp", leur fait écho Christian Ugurji, un Nigérian de 22 ans, qui a réintégré Moria mardi soir.

A Moria, "tout a brûlé car la situation est trop mauvaise. Des gens sont bloqués ici depuis deux, cinq ou six mois, cela crée de la frustration", explique-t-il à l'AFP.

"Tout le monde veut la liberté, tout le monde veut quitter le camp", affirme Alex, un jeune compatriote.

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