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21/09/2016 04:24 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

GB: le Labour, enlisé dans ses divisions, attend son futur leader

Englué dans les divisions depuis un an, le Parti travailliste britannique attend le nom de son futur dirigeant après un vote des militants qui s'est achevé mercredi et devrait a priori conforter Jeremy Corbyn.

Le résultat de ce vote par correspondance, qui s'est achevé à 11H00 GMT, sera annoncé samedi lors du congrès annuel du principal parti d'opposition à Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

A la tête du parti depuis un an, Jeremy Corbyn, tenant de la gauche radicale âgé de 67 ans, devrait sortir vainqueur d'une épreuve de force qui l'a opposé autant au député gallois Owen Smith, 46 ans, seul candidat face à lui, qu'à l'appareil du parti.

Mais ce résultat ne devrait pas apporter de solution à l'impasse dans laquelle se trouve le Labour déchiré entre le demi-million de membres qui soutiennent majoritairement l'actuel dirigeant et les députés travaillistes qui ne l'estiment pas capable de mener le Labour à la victoire lors des prochaines élections législatives de 2020.

172 sur 230 d'entre eux ont voté cet été une motion de défiance contre leur chef, l'accusant d'avoir été incapable de rassembler l'électorat travailliste contre le Brexit. Et une vingtaine de membres du cabinet fantôme (sorte de gouvernement virtuel d'opposition) ont démissionné pour exprimer leur défiance.

Le conflit menace de transformer le congrès du parti en grand déballage. Et d'encourager la Première ministre conservatrice Theresa May à convoquer des élections législatives anticipées dès l'an prochain, pour profiter de la faiblesse de son adversaire et assoir son emprise sur le Parlement, estime Tim Bale, professeur de sciences politiques à l'université londonienne Queen Mary.

Les conservateurs sont de fait largement en tête des intentions de vote, selon les sondages publiés ces dernières semaines.

- 'Tournant' pour le parti -

Mardi, à l'issue d'une réunion de huit heures de la direction du parti, Jeremy Corbyn a refusé un plan présenté par son adjoint Tom Watson visant à permettre aux députés travaillistes de voter pour choisir qui composera le "cabinet fantôme".

Jeremy Corbyn a, au contraire, proposé un plan dans lequel les militants auraient leur mot à dire sur la composition de ce cabinet fantôme qui est actuellement de la seule responsabilité du chef du parti.

Dans ce bras de fer pour déterminer qui des députés ou des membres doit avoir le pouvoir au sein du parti, Tom Watson a également proposé, en vain, de donner davantage de pouvoir aux députés et aux syndicats dans le choix des futurs chefs du Labour. Il voulait ainsi répondre aux critiques des anti-Corbyn qui estiment que les militants ont trop de pouvoir dans le processus de désignation du chef de parti.

Pour les analystes, ces positions irréconciliables pourraient mener le Labour à l'éclatement.

"Ensemble, nous sommes très très forts", a affirmé mardi soir Jeremy Corbyn à ses partisans lors de son ultime rassemblement de campagne.

"Quel que soit le résultat, nous tous nous avons organisé la campagne la plus incroyable, nous avons mobilisé beaucoup de monde, et nous avons changé le discours politique dans ce pays", a-t-il ajouté.

Lors de cet événement, un film d'une heure à la gloire de Corbyn, réalisé par Ken Loach, le vainqueur de la dernière Palme d'or cannoise, a été projeté.

Owen Smith a également adressé un ultime message à ses partisans.

"Notre parti est à un tournant et nous sommes confrontés au choix de le renouveler pour atteindre unité et force ou de nous contenter des divisions et oppositions" actuelles, a déclaré le député gallois.

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