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21/09/2016 03:49 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Compte à rebours pour la présidentielle française

Il reste sept mois avant l'élection présidentielle en France, les 23 avril et 7 mai 2017 mais la primaire de droite sera cruciale dans la course à l'Elysée: le gagnant de cette consultation en novembre part favori pour devenir le prochain président en 2017.

- ETAT DES LIEUX -

Le socialiste François Hollande, président sortant à l'impopularité record, entretient le suspense sur une nouvelle candidature jusqu'au mois de décembre, soit un mois avant la primaire prévue à gauche.

Tous les sondages lui prédisent une humiliante défaite dès le premier tour de la présidentielle, quels que soient ses adversaires, avec seulement 11 à 15% des intentions de vote.

Les mêmes enquêtes ne prêtent pas plus de chances aux autres candidats de gauche.

Ce scénario rappelle celui du scrutin de 2002 lorsque le Premier ministre socialiste sortant Lionel Jospin avait été éliminé au premier tour, laissant dans un duel inédit les candidats de droite Jacques Chirac et d'extrême droite Jean-Marie Le Pen.

Quinze ans plus tard, Marine Le Pen, qui a pris les rênes du parti Front national après son père, serait assurée de passer le cap du premier tour mais ne parviendrait pas obtenir la majorité au second tour, selon les derniers sondages.

- LES CANDIDATS -

Les hésitations et l'impopularité de François Hollande, 62 ans, ont suscité dans son camp des ambitions plus ou moins avouées, comme celles du Premier ministre Manuel Valls.

Entretenant savamment le flou, son jeune ministre de l'Economie Emmanuel Macron, 38 ans, a claqué la porte du gouvernement fin août, sans se déclarer ouvertement en campagne. Il avait quelques mois plus tôt lancé son propre mouvement "En Marche!", présenté comme étant "ni de droite ni de gauche".

Trois autres anciens ministres ont, eux, clairement annoncé leur candidature: Arnaud Montebourg, l'écologiste Cécile Duflot, et Benoît Hamon.

A l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui avait engrangé 11% des voix au premier tour de la présidentielle de 2012, est aussi candidat.

A droite, sept prétendants sont qualifiés pour la primaire, prévue les 20 et 27 novembre. L'ancien Premier ministre Alain Juppé, 71 ans, et l'ancien président Nicolas Sarkozy, 61 ans, devraient s'affronter pour la première place.

Car "la vraie élection présidentielle se jouera au mois de novembre et pas au mois de mai", selon Bruno Jeanbart, de l'institut de sondages OpinionWay. "A priori le vainqueur de la primaire à droite sera le vainqueur de la présidentielle", dit-il, à l'instar de nombreux politologues.

A l'extrême droite, Marine Le Pen est la candidate indiscutée du Front national. Déjà en campagne, elle était arrivée en troisième position en 2012 avec près de 18% des voix.

- THEMES DE CAMPAGNE -

Les attentats jihadistes qui ont fait 238 morts en France depuis janvier 2015 ont placé la lutte antiterroriste au coeur des débats.

La droite et l'extrême droite accusent le pouvoir de laxisme et rivalisent de propositions sécuritaires. La gauche oppose à cette surenchère la primauté des règles démocratiques et de l'Etat de droit.

La place de l'islam en France, deuxième religion du pays, et la thématique de l'identité alimentent les axes de campagne de la droite et l'extrême droite. La polémique sur le burkini, tenue de bain intégrale utilisée par certaines musulmanes et interdite par certaines villes françaises, ensuite désavouées par la justice, a déchiré droite et gauche cet été.

L'avenir de l'Europe après le choc du Brexit fait peu débat, tout comme les questions économiques sur lesquelles les candidats de droite présentent tous des programmes libéraux. François Hollande de son côté a conditionné sa candidature à un second mandat à une baisse durable du nombre de chômeurs.

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