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21/09/2016 02:20 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Azerbaïdjan: le Conseil de l'Europe craint l'extension des pouvoirs présidentiels

L'extension des pouvoirs du président d'Azerbaïdjan sur laquelle la population du pays doit se prononcer par référendum le 26 septembre bouleverserait profondément l'équilibre des pouvoirs dans le pays, s'est inquiété mercredi un organe du Conseil de l'Europe.

Beaucoup des amendements proposés bouleverseraient profondément l'équilibre des pouvoirs en donnant des pouvoirs "sans précédent" au président, a pointé la Commission de Venise, l'organe consultatif d'experts constitutionnalistes du Conseil de l'Europe.

Le référendum porte sur une modification de la Constitution qui accorderait des pouvoirs accrus au président Ilham Aliev, à la tête du pays depuis la mort de son père Haïdar en 2003.

Les amendements, déjà approuvés par la Cour constitutionnelle du pays, doivent notamment étendre le mandat présidentiel à sept ans, contre cinq actuellement, et créer les postes de Premier vice-président et vice-président.

La Commission de Venise se dit "particulièrement inquiète" de la création de ces postes de vice-présidents non-élus, ainsi que de la prérogative accordée au président de convoquer à sa convenance des élections anticipées.

Elle critique également l'absence de véritable débat au Parlement sur ces questions et l'organisation trop rapide du référendum.

Au chapitre des droits de l'Homme, la Commission de Venise déplore la volonté de limiter les rassemblements au nom de l'ordre public et de la moralité, craignant que ces dispositions ne donnent lieu à une interprétation trop large.

Le président Ilham Aliev dirige d'une main de fer l'Azerbaïdjan depuis la mort de son père Haïdar en 2003, lui-même à la tête du pays depuis 1993. Il peut se présenter pour un nombre illimité de mandats depuis qu'un référendum contesté a supprimé la limite de deux mandats consécutifs en 2009.

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