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21/09/2016 02:21 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Allemagne: La banalisation de la xénophobie à l'Est menace "la paix sociale" (rapport)

La banalisation de la xénophobie dans l'ex-RDA communiste où les agressions racistes ont fortement augmenté l'an dernier à la faveur de l'arrivée de nombreux réfugiés en Allemagne menace "la paix sociale" dans cette partie de l'Allemagne, selon un rapport publié mercredi.

"L'extrémisme de droite dans toutes ses formes pose une menace très sérieuse pour la paix sociale et le développement économique", a souligné la chargée pour le gouvernement allemand des Etats régionaux de l'est, Iris Gleicke, lors d'une conférence de presse à Berlin.

Dans un rapport sur "l'état de l'Unité" allemande, rendu public chaque année autour du 3 octobre, date de la Réunification et de la fête nationale, elle s'inquiète en particulier de la banalisation des idées d'extrême droite.

"C'est plus qu'un simple signal d'alarme quand les agressions et les violences sont soutenues par le milieu de la société ou acceptées en silence", a-t-elle dénoncé avec véhémence.

L'Allemagne a ouvert ses portes à environ un million de migrants l'an dernier fuyant la guerre ou la misère en Syrie, en Irak ou en Afghanistan.

Cet afflux a profondément bouleversé le pays et l'a divisé, entre ceux prompts à venir en aide aux réfugiés, et ceux qui ont vécu l'afflux comme une menace.

L'Allemagne assiste ainsi pour la première fois depuis la chute du IIIe Reich à la montée d'une droite dure et populiste incarnée par l'Alternative für Deutschland (AfD), qui engrange les succès électoraux régionaux notamment à l'est.

Par ailleurs, Selon la police criminelle allemande, 58 incendies criminels ont été commis contre des foyers de demandeurs d'asile depuis le début de l'année sur 740 actes criminels au total. Avant la crise migratoire, en 2014, 199 actes criminels contre des lieux d'accueil de migrants avaient été enregistrés, dont six incendies.

Les autorités allemandes, notamment le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, n'ont cessé de condamner ces agressions dont les plus spectaculaires ont lieu dans les régions de l'ex-RDA qui accueillent pourtant une très faible population étrangère, de 2% à 3% maximum, et peu de réfugiés.

Dans la petite ville de Bautzen en Saxe (est), des heurts ont opposé en fin de semaine dernière de jeunes réfugiés à des sympathisants d'extrême droite. Dans cette cité, plusieurs personnes avaient assisté, hilares, à l'incendie d'un foyer de réfugiés en février et gêné l'intervention des pompiers, une image qui avait scandalisé l'Allemagne.

yap/alf/prh