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21/09/2016 08:37 EDT | Actualisé 22/09/2017 01:12 EDT

Airbus obtient un premier feu vert des Etats-Unis pour vendre des avions à l'Iran

Airbus a annoncé mercredi avoir obtenu une première autorisation des Etats-Unis pour la livraison d'avions de ligne à l'Iran et en attend une seconde sous peu, ce qui devrait lui permettre de matérialiser sa première vente à Téhéran depuis la levée des sanctions.

"Airbus a demandé deux licences et la première a été accordée hier soir (mardi, ndlr)", a déclaré un porte-parole du groupe à l'AFP. "Nous pensons que la seconde licence sera accordée dans les semaines qui viennent", a-t-il ajouté.

Cette "première licence va nous permettre de commencer à mettre en place cet accord", a-t-il poursuivi.

Selon l'avionneur européen, ces licences couvrent des moyen-courriers A320 et des long-courriers A330.

Fin janvier, l'Iran et Airbus avaient signé un protocole d'accord portant sur la fourniture de 118 appareils, pour un montant de 10 à 11 milliards de dollars, mais ces ventes étaient soumises au feu vert des Etats-Unis car les avions sont équipés en partie de composants américains.

L'industrie du transport aérien était soumise à un embargo américain datant de 1995 empêchant les constructeurs occidentaux de vendre des appareils et des pièces détachées aux compagnies iraniennes, clouant au sol une partie de la flotte du pays.

Il avait été partiellement levé par un accord intérimaire sur le nucléaire signé en novembre 2013 par l'Iran et les grandes puissances.

Or les besoins du pays sont immenses, avec une flotte vétuste en raison des sanctions, une population de 80 millions et une importante diaspora à l'étranger. Elle est aujourd'hui composée de 140 avions en activité, dont la moyenne d'âge est d'environ 20 ans.

- Impatience -

"Il va y avoir un développement très fort du trafic aérien, c'est une évidence", avait estimé le patron d'Airbus, Fabrice Brégier.

Selon le chef de l'Organisation iranienne de l'aviation civile, le pays aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie pour rénover sa flotte vétuste.

Mais des inquiétudes pesaient sur cette vente en raison de l'hostilité du Congrès américain, qui entendait bloquer la vente d'appareils du concurrent américain Boeing à Téhéran.

Fabrice Brégier avait fait part de son impatience lors du salon aéronautique de Farnborough l'été dernier en Grande-Bretagne face à la lenteur des autorités américaines à délivrer ces autorisations. "Je suis confiant sur la vente. Je suis cependant toujours en attente des licences américaines, sachant que nous avons plus de 10% produits américains" sur nos avions, avait-il dit.

Il avait également réfuté les arguments du patron de Boeing Commercial Aircraft, la branche aviation commerciale du géant américain, Ray Conner, qui avait estimé que si le Congrès bloquait la vente de ses appareils à l'Iran, aucune autre société américaine, notamment les équipementiers et sous-traitants, ne devraient être autorisés à le faire. Ce qui aurait bloqué de fait la vente des Airbus à l'Iran.

"Boeing doit savoir que le président des Etats-Unis devrait donner son accord à un tel veto. Or, il a été lui-même en première ligne pour signer le fameux JPCOA", a-t-il ajouté.

Le JPCOA est le plan d'action conjoint visant à lever les sanctions imposées à l'Iran par les États-Unis, l'Union européenne et les Nations unies.

Airbus n'a pas avancé d'échéance pour la livraison de ces appareils, mais Fabrice Brégier avait dit espérer en janvier dernier "pouvoir livrer quelques A320 et A330 dès cette année".

dlm/fpo/ger

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